lundi 9 août 2010

Romani Criss lance une pétition

Ce texte de l'association Romani Criss montre bien l'exaspération, l'indignation et l'angoisse des organisations solidaires des Rroms. C'est pourquoi nous le portons à la connaissance de ceux qui nous lisent.

Le Collectif de soutien aux familles rroms de Roumanie


office@romanicriss.org


Bucarest, le 30 juillet 2010



L’HISTOIRE SE RÉPÈTE :

LE GOUVERNEMENT FRANÇAIS ANNONCE PUBLIQUEMENT

LE RELEVÉ DES EMPREINTES DIGITALES ET L’EXPULSION COLLECTIVE DES ROMS.


Les organisations et les personnes signataires protestent très fermement contre l'initiative récente du Gouvernement français de stigmatiser, expulser collectivement et illégalement, limiter les droits fondamentaux des Roms et des Voyageurs, en particulier le droit à la liberté de circulation.

Le 21 juillet 2010, le Président français a annoncé qu'une réunion avec les Ministres devait être tenue le 28 juillet pour "faire le point sur la situation des gens du voyage et des Roms, et les problèmes que pose le comportement de certains ressortissants de ces communautés au regard de l’ordre public et de la sécurité".

À l’issue de la réunion, le Président franc-çais a déclaré qu’Il a demandé au Gouvernement de prendre toutes les mesures nécessaires afin que ces actes irresponsables soient sévèrement sanctionnés et qu’ils ne puissent jamais se reproduire. Il a également donné des instructions afin que les campements illégaux soient systématiquement évacués. Les services fiscaux seront associés à la vérification de la situation de leurs occupants » La situation des Roms de l'Europe de l'Est est jugée "illégale" et "inacceptable". 200 camps ont été considérés sources de trafic illicite, habitat indigne, exploitation d'enfant, mendicité et prostitution. Dans les trois prochains mois, les camps devront être expulsés et les habitants renvoyés dans leur pays en application de la loi en vigueur. Dans le même temps, la loi sera changée pour rendre plus facile l’expulsion des groupes, en particulier les Roms pour les raisons de sécurité. La France renforcera la coopération policière avec la Roumanie et une convention sera conclue sur la réadmission des mineurs isolés. Ces décisions font suite à une rébellion des membres de la communauté des Gens du voyage de la région de Saint-Aignan après la mort d'un homme de 22 ans, tué par la police pour ne pas s'être arrêté à contrôle.

De plus, le Ministère de l’intérieur français a annoncé qu'un système de relevé des empreintes digitales sera mis en œuvre, afin que les Roms expulsés ne reviennent pas en France. Nous dénonçons l'approche choisie par les autorités françaises qui relève, selon nous, d’un populisme bon marché, d’une manœuvre de diversion et d’une vengeance archaïque. Nous soulignons que l'émeute de Saint Aignan est un cas particulier. Ni les Roms, ni les Gens du voyage n’ont jamais été impliqués dans des faits similaires. Nous croyons que de tels événements devraient être traités selon la législation existante et seuls les individus responsables d'infraction devraient être punis. Pas leurs familles, pas les enfants, pas leur communauté. De tels événements ne doivent, en aucune circonstance, servir d’excuse au gouvernement français pour concevoir et mettre en œuvre des lois racistes et des règlementations visant à punir des groupes entiers, basés sur leur appartenance ethnique.

Donc, nous condamnons fortement les initiatives administratives, fiscales et législatives du Gouvernement français visant à punir la communauté des gens du voyage –citoyens français – ressemblant à des représailles inspirées de méthode soviétique.

Cette assertion est sous-tendue par le fait que la soi-disant réunion a ressemblé à une parodie,une „charade- meeting". La Présidence française a annoncé à l'avance les mesures qui devaient être décidées . Ainsi, il a été expliqué, une semaine avant la réunion, que la conclusion principale serait l’évacuation des campements. Cette décision n'est donc pas le résultat d’une analyse réfléchie et objective de la situation concrète. Le fait même, que le Gouvernement ait convoqué un "charade meeting" qui a conclu ce qui était déjà décidé à l'avance, révèle ce qui motivait réellement les autorités françaises : la vengeance, la diversion et le populisme bon marché.

Les autorités françaises ont suivi le mauvais exemple de l'Italie à l’encontre des Roms d’Europe de l'est, en les condamnant en masse comme étant des criminels, des mendiants, etc. Nous insistons sur le fait qu'une telle approche est raciste et stigmatisante. C'est illicite, tant conformément à la Constitution française, qu’à celle de l'UE et aux lois internationales. De plus, nous rappelons aux autorités françaises que la responsabilité pénale est strictement individuelle. Elle ne peut être appliquée aux communautés ethniques; ni à d'autres groupes.d’ individus. Pour résumer, les délits constatés dans les campements ne devraient pas être utilisés pour représenter le groupe ethnique rom dans son entier, ne pas justifier des représailles et une expulsion de France de tous les Roms d’Europe de l’Est. On n’a pas encore identifié.de communautés sans criminalité, ni en Europe,ni ailleurs. Il devrait être gênant, pour le Gouvernement français, qu’on doive lui rappeler que les criminels ne doivent pas être punis selon leur origine ethnique, mais plutôt selon leur conduite et qu'une telle punition ne devrait être appliquée qu’à des individus et non pas à une collectivité.

Nous condamnons le fait que les expulsions prévues pour les trois prochains mois sont racialement motivées et sont décidées collectivement, sans respect pour la loi, en violation de la Convention européenne de Droits de l'homme. En effet, la décision annoncée des autorités françaises de lancer une campagne pour expulser les Roms ressortissants des pays d’Europe de l’est, met en doute la légalité du processus, en particulier parce que n’est pas garantie une évaluation exacte, objective et individuelle de chaque cas, sans considération raciste.

Nous sommes également préoccupés par les intentions proclamées par le gouvernement français d'adapter la législation pour rendre l’expulsion des Roms plus facile. Toutes les modifications devraient comporter des garanties juridiques conformes à la législation française et de l'UE ainsi qu’aux lois internationales. Le droit de libre circulation des citoyens d'États membres d'UE ne peut pas être limité sans être en contradiction la Directive de l’UE sur la liberté de mouvement. Nous soulignons particulièrement que les normes juridiques présentées selon la Directive et développé par la Cour de justice européenne suivent le principe de proportionnalité et de responsabilité personnelle.

La politique d'expulsion "immédiate" de Roms accusés de trouble à l’ordre public adopté par le gouvernement français est clairement en violation de la législation d'UE. La Directive sur la liberté de circulation interdit une telle approche. La directive déclare que la conduite personnelle de l'individu concerné doit représenter réellement une menace actuelle et suffisamment sérieuse affectant un des intérêts fondamentaux de société. De plus, la discrimination dans l'exercice du droit de libre circulation est interdite. La politique d'expulsion "immédiate" est opposée à l’esprit de la directive d'UE, qui est que la situation de n'importe quelle personne sera évaluée tout à fait, objectivement et individuellement pas collectivement et superficiellement. De plus, désigner les Roms en tant que groupe comme cible pour des actions juridiques et politiques est en soi discriminatoire et viole les législations française, européenne et internationale.

Nous sommes tout aussi concernés par la réaction de la Commission européenne, qui s’est exprimée par le porte-parole de la Direction justice, droits fondamentaux et citoyenneté, qui a annoncé que la décision d’expulser une personne rom n’est pas du ressort de la Communauté européenne mais qu’elle appartient aux gouvernements nationaux. Certes ceci est exact, mais la Communauté européenne ne devrait pas rester aveugle face aux motivations racistes du gouvernement français qui décide des expulsions.

Nous croyons fortement que la Communauté européenne a vraiment l'obligation juridique et les moyens nécessaires d'agir quand la législation d'UE est violée. Donc, nous estimons que la Communauté européenne doit être très attentive aux politiques et à la législation qui pourraient être adoptée par les autorités françaises pour s'assurer qu’elles soient conformes aux lois communautaires. De plus, nous nous souvenons que la Communauté européenne a été la seule institution internationale à fermer les yeux sur le "pacchetto sicurezza" italien, lequel a servi de catalyseur pour le gouverner français et d'autres gouvernements européens, pour adopter des politiques anti-Roms et des lois en violation de législation de l'UE. Depuis trois ans, la Commission européenne n'a pas communiqué les raisons qui motivent sa position. Nous considérons que la Commission européenne ne doit absolument pas échapper à son devoir fondamental qui est d'agir contre la discrimination conformément à l'art. 6 et 7 du traité de Communauté européenne et à ses attributions juridiques.
Considérant ces violations sérieuses des droits fondamentaux;

Nous pressons le gouvernement français de s’abstenir d'entreprendre des expulsions collectives ethniquement ciblées comme moyen de représailles;

Nous demandons au gouvernement français de s’abstenir d'adopter des modifications de la législation contradictoires avec la loi d'UE et la Convention européenne de Droits de l'homme;

Nous demandons aux fonctionnaires publics français d’arrêter le discours de haine et les remarques racistes à l’égard la communauté rom;

Nous demandons aux gouvernements de l’Europe de l'est, particulièrement à la Roumanie et la Bulgarie de refuser les accords bilatéraux relatifs à l'expulsion des Roms dans leurs pays d'origine et de dénoncer et rejeter n'importe quelle forme "de pot-de-vin" offert par le gouvernement français en échange d’une réduction illégale des droits fondamentaux de leurs citoyens;

Nous demandons à la Commission européenne de prendre une position pro-active et de contrôler les autorités françaises pour garantir, conformément à leurs attributions juridiques le respect de la législation européenne.

La CNDCH et les Rroms

COMMISSION NATIONALE CONSULTATIVE
DES DROITS DE L’HOMME



Communiqué de presse de la CNCDH


La CNCDH a reçu mission de « veiller au respect des droits de l’homme et des libertés fondamentales dans notre pays, c'est-à-dire des principes de liberté, d’égalité et de fraternité ainsi que d’égale dignité de la personne humaine qui fondent notre République ».

La CNCDH est très préoccupée par la succession de déclarations officielles de caractère discriminatoire à l’encontre des gens du voyage, des Roms, des « Français d’origine étrangère » ou encore des mineurs délinquants et de leurs parents. Elle s’inquiète en particulier des mesures annoncées en matière de sécurité et d’immigration qui seraient introduites par le biais d’amendements dans des textes examinés en septembre, notamment le projet de loi sur la sécurité intérieure (LOPPSI) présenté au Sénat et celui sur l’immigration présenté à l’Assemblée Nationale.

La CNCDH s’est prononcée récemment sur plusieurs réformes en cours, notamment dans son avis du 5 juillet 2010 sur le projet de loi sur l’immigration, l’intégration et la nationalité. La Commission sera amenée, le moment venu à se prononcer sur les nouveaux textes, tout en déplorant cette méthode d’élaboration de la loi, dans l’urgence et l’improvisation, qui permet de contourner l’avis préalable du Conseil d’Etat et contribue à l’instabilité de notre droit, notamment, dans le domaine sensible du droit des étrangers.

La CNCDH a déjà rappelé l’importance d’une politique cohérente, stable et lisible dans tous les domaines touchant aux droits de l’homme, et notamment en matière de droit pénal et de droit de la nationalité, conformément aux principes constitutionnels et aux engagements internationaux de la France, en tant que «République indivisible, laïque, démocratique et sociale » qui « assure l’égalité devant la loi de tous les citoyens sans distinction d’origine, de race ou de religion » (art 1er de la Constitution de 1958).

Les déclarations visant en particulier les Roms sont l’occasion pour la CNCDH de rappeler l’étude qu’elle a publiée le 7 février 2008, ainsi que les propositions formulées dans un avis adopté le même jour (1). L’étude est consacrée aux discriminations à l’encontre, d’une part, des Gens du voyage et, d’autre part, des Roms migrants, en analysant ces diverses situations au regard des droits fondamentaux.

Dans le droit fil de son avis du 10 juillet 2010, la CNCDH souligne que l’élargissement des cas dans lesquels une personne serait déchue de sa nationalité introduit une distinction entre les citoyens, ce qui est contraire au principe d’égalité. Cette mesure resterait par ailleurs purement symbolique. Elle n’aurait de plus aucun effet dissuasif et renforcerait de surcroît l’incertitude quant à l’appartenance à la nation de ceux qui ont acquis la nationalité française.

Enfin, on ne peut que s’inquiéter de l’annonce de la suppression de l’automaticité de l’acquisition de la nationalité française, à leur majorité, pour des mineurs nés en France qui auraient été condamnés et de la proposition de loi relative à la responsabilité pénale des parents qui n’auront pas su faire respecter les obligations auxquelles leurs enfants condamnés auront été soumis. Face à ces déclarations « de guerre nationale contre la délinquance », un renforcement des mesures préventives et éducatives accompagnées de moyens humains et financiers semble plus approprié dans un État de droit, conciliant liberté personnelle et sécurité juridique et récusant toute forme de discrimination individuelle ou collective.

Martine BROUSSE,Vice-Présidente
Emmanuel DECAUX, Vice-Président

Contact presse : Nils Monsarrat : nils.monsarrat@pm.gouv.fr , 01 42 75 76 62

(1) http://www.cncdh.fr/article.php3?id_article=599


dimanche 8 août 2010

Un pastiche très amer

On trouve tout sur internet ! Y compris des formes d'humour acides au point de faire très mal... Pendant les vacances -mais les Rroms connaissent-ils des vacances ?-, on peut lire ce qui suit..., qui nous apparait plus désespérant que drôle, mais que nous ne pouvons ignorer car révélateur d'un sentiment d'impuissance et d'une colère rentrée qui ont de quoi inquiéter !

Le Collectif de soutien aux familles rroms de Roumanie

Extrait de : http://bravepatrie.com/justice/roms-l-intransigeance-s-est,1632

Roms : l’intransigeance s’est construite en un jour

Casimir Saint-Troin de Bellemaison, mercredi 4 août 2010

Les événements récents de Grenoble (Isère) et de Saint-Aignan (Loir-et-Cher) ont été la goutte d’eau qui a prouvé que, même installés en France depuis plusieurs siècles, les immigrés nomades ne parvenaient pas à s’imprégner des coutumes de notre Brave Patrie. Si la possession d’armes à feu, une vieille tradition héritée de la Révolution, est encourageante, leur usage contre les dépositaires de l’autorité publique révèle un échec total des politiques d’intégration menées depuis Charles VII.

Face au triste constat, le gouvernement a rapidement réagi. D’une part, il a été décidé de faire enquêter 10 inspecteurs du fisc sur les avoirs des Romanichels, dont l’origine pourrait être douteuse. Cette enquête permettra de dissiper le mur de fumée monté par la gauche, la prétendue « polémique Woerth », qui vise à masquer de vraies fraudes d’une ampleur sans aucune commune mesure. De très récentes révélations tendent en effet à démontrer que le Parti Socialiste a contribué à financer la communauté des Roms (ou « gens du voyage ») lorsqu’il a mis en place son système de sécurité sociale en 1945. Ce subterfuge aurait ainsi permis aux Roms d’acheter de grosses cylindrées afin d’échapper plus rapidement aux voitures de police.

Un cercle vertueux pourrait même être créé, puisqu’il est prévu de déchoir de leur nationalité française les plus violents de ces délinquants, ce qui augmentera mécaniquement la quantité de personnes expulsables.

Mais rien n’est, hélas, jamais acquis. Ainsi, la Cour Européenne des Droits de l’Homme, juridiction qui n’est pas encore soumise à l’autorité hiérarchique du ministère de la Justice, pourrait infliger un sérieux revers à l’action de l’exécutif en violant ouvertement le principe de séparation des pouvoirs (et donc le fondement même de notre République).

En effet, par plusieurs arrêts en date des 20 (A c/ Pays-Bas), 22 (A. A. c/ Grèce) et 26 juillet 2010 (N c/ Suède), la cour de Strasbourg a fait preuve d’une inquiétante légèreté en condamnant des États européens pour des politiques d’immigration jugées trop rigoureuses - en allant parfois même jusqu’à protéger des terroristes !

Emplis d’idéaux humanistes certes attendrissants, ils n’ont pas conscience que la prise en charge de ces immigrés a un coût (d’autant plus élevé que la France traite dignement les personnes présentes illégalement sur le territoire, comme le rappelait le ministre de l’Immigration et de l’Identité Nationale Éric Besson en annonçant la commande d’une étude indépendante qui démontrera que les expulsions ont un coût « nettement inférieur à celui de l’immigration irrégulière »).

Les deux événements dramatiques de Grenoble et de Saint-Aignan pourraient toutefois conduire le gouvernement à se reconcentrer sur des actions chocs en Europe de l’Est, comme l’organisation d’un second sommet de la francophonie à Bucarest (Roumanie) après celui de 2006.

Les enfants rroms sont aussi "déplacés"


vendredi 6 août 2010

L’Union Romani Espagne appelle à une grande manifestation gitane à Paris


Esméralda Romanez
Vice présidente de la fondation kale, manouches, romani, sinté women
Présidente des associations Samudaripen et A.M.I.D.T

Mas de l’Ange Gardien
148, Chemin des Pétugues
83340 – Le Cannet des Maures
Téléphone 06 67215333



L’Union Romani Espagne appelle à une grande manifestation gitane à Paris

Elle propose également la dénonciation de la politique anti-tsigane du gouvernement français devant les autorités communautaires et un procès devant la Haute Cour de Justice à Luxembourg

L’UR Espagne tient à exprimer sa gratitude à tous ceux qui se sont ralliés à la défense de la communauté Rrom résidant en France. Mais aussi elle désire souligner la nécessité d'autres actions, peut-être plus énergiques et efficaces, pour freiner les nombreuses absurdités et l'agression que nous subissons, nous les Rroms dans la quasi totalité des pays européens.

C’est en partant de ce constat que l'Union des Rroms et associations rroms des pays qui composent l'Union européenne propose une série d'actions citoyennes, politiques et judiciaires. Dans cette optique, nous proposons les suivantes mesures:

a) convoquer, devant les ambassades de France des pays de l'Union européenne, des concentrations pacifiques, largement représentatives des mouvements anti-racistes dans chaque pays, avec des pancartes, drapeaux et autres signes de protestation pour exprimer notre profond rejet de l'initiative prise par Président de la République française, M. Sarkozy, de démanteler les «camps» Roms, violant, de ce fait, le droit français, le droit européen et l'engagement traditionnel de la France dans la défense des droits de l'homme.

b) Convoquer une grande manifestation à Paris (semblable à celle qui s'est tenue à Rome ,en 2008, pour protester contre la politique de Berlusconi) soulignant l’engagement massif des Rroms français, mais également de celui des Rroms Européens. L'événement, préparé avec soin, devrait mobiliser, non seulement des Rroms européens, mais toutes les forces démocratiques attachées au respect des droits de l'homme. À notre avis ce serait une grave erreur de n'orienter cette manifestation que sur l'opposition politique au gouvernement de Nicolas Sarkozy. Pour la défense de la dignité des êtres humains devraient se faire entendre tous les démocrates, qu'ils soient de droite ou de gauche. Lors de cette manifestation, il nous faudrait être tous là, les Rroms et les gadjé, les socialistes et les libéraux, les communistes et les conservateurs. Tous, en définitive, tous ceux qui croient au contenu de la Déclaration universelle des droits de l'homme proclamée par les Nations Unies en 1948 et la Déclaration des droits de l'homme adoptée par l'Assemblée nationale constituante en 1789. Celui qui ne sera pas le bienvenu est évidement Jean-Marie Le Pen ou toute personne qui s'identifie avec les nationalistes et les doctrines racistes du Front National français.

c) Les associations Rroms les plus représentatives devraient mettre en marche, avec la plus stricte rigueur, toutes les actions politiques que permet le traité de Lisbonne. Doivent être présentées devant la Commission Européenne et le Parlement Européen toutes les initiatives qui habiliteraient la Commission à empêcher le Gouvernement Français de continuer sa politique xénophobe et anti gitane et, au Parlement Européen, à déclarer qu’il n’est pas complice des politiques populistes, démagogiques et électoralistes des différents gouvernements européens. L’Union Romani Espagne travaille déjà sur le développement des initiatives à cet égard.

d) Dans le même temps les associations Rroms les plus représentatives devrait entamer une procédure juridique auprès de la Cour de justice de l'Union européenne au Luxembourg sur la base du contenu de la Charte des droits fondamentaux inscrits dans le traité de Lisbonne, qui lie les Étas membres depuis l'entrée en vigueur du traité le 1er Décembre 2009. L’Union Romani Espagne a déjà commencé avec une équipe d'avocats à dénoncer les actions menées par le gouvernement français afin d’évaluer toutes les possibilités que le système juridique européen permet à cet effet.

Pour finir, l’Union Romani Espagne propose à la Commission Européenne de désigner d’urgence une équipe d’experts, formée par des Rroms et Rromnia reconnus pour leurs capacités, dont la tâche serait de proposer, de toute urgence, des mesures opportunes qui mettraient fin aux déportations massives annoncées et éviteraient que d’autres gouvernements adoptent des mesures similaires.

L’Union Rromani demande que les Rroms français se fassent les leaders de ce mouvement et procèdent immédiatement à la convocation à Paris d’une réunion au cours de laquelle devrait être créée une Commission Coordinatrice des mesures ici proposées.

Juan de Dios Ramirez Heredia

Président de l’Union Romani Espagne


Nous relayons cette prise de position forte et angoissée sans en approuver tous les termes, mais l'essentiel y est dit : cette politique anti-Rroms ne peut pas durer, l'Union européenne ne peut pas rester plus longtemps silencieuse et c'est aux Rroms eux-mêmes de prendre la tête de cette protestation urgente. Nous approuvons donc cet appel de l'Union Romani d'Espagne; nos réserves passent après.

Le Collectif de soutien aux familles rroms de Roumanie



jeudi 5 août 2010

Le Collectif de soutien aux familles Rroms de la plaine de Triel-Chanteloup communique

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Du 4 août 2010

Au-delà des paroles sécuritaires…

des actes humains et dignes!

Pas d’expulsions du terrain ni du pays.

Rétablissement des droits sociaux.

Nous nous élevons contre les déclarations, de ces derniers jours du Président de la République faisant cyniquement l’amalgame entre délinquance et immigration et désignant à la vindicte populaire certaines populations, transformées en boucs émissaires, notamment les Roms.

Les Roms roumains et bulgares sont citoyens européens et bénéficient à ce titre de la liberté de circulation en France. Mais en 2007, lors de l'entrée de la Roumanie et de la Bulgarie au sein de l'Union Européenne, le gouvernement français, contrairement à d'autres pays, a imposé des mesures transitoires excluant leurs ressortissants du marché de l’emploi, et par conséquent, le plus souvent, également des prestations sociales.

Localement, qu'en est il ?

Les familles Roms de la plaine de Triel-Chanteloup vivent en France depuis plusieurs années, pour certaines depuis plus de 6 ans. Elles demandent simplement à travailler et à vivre décemment et en bonne intelligence avec tout le monde.

Elles sont venues parce qu’en Roumanie les Roms sont fortement discriminés et souffrent du dénuement et de la faim. Des parents expriment cet espoir ainsi : « Nous sommes venus en France pour pouvoir manger et scolariser nos enfants. ».

Sédentaires, ces familles désirent s’installer, vivre et travailler dignement dans les Yvelines où il peut faire bon vivre.

Ne pouvant travailler légalement et ne percevant presque aucune aide sociale, elles sont contraintes de vivre dans des caravanes plus ou moins délabrées dans la plaine parce que c’est la seule solution actuellement.

La Caisse d'Allocations Familiales ( CAF ) des Yvelines continue de refuser à ces familles les allocations familiales, en exigeant toujours plus de justificatifs, impossibles à fournir. Pourtant dans d’autres départements des familles roms, en situation comparable perçoivent les allocations familiales. Les CAF de certains départements ont même été condamnées à les attribuer par le Tribunal des Affaires de Sécurité Sociale.

Aujourd'hui, ces familles ont peur. Elles craignent de voir la police détruire les caravanes au petit matin, les expulser, et leurs enfants ne pas pouvoir reprendre l’école à la rentrée, alors que certains sont inscrits depuis 3 ans et suivent une scolarité régulière et prometteuse.

Nous demandons, avec l'ensemble des associations, organisations et collectifs, l'abrogation des mesures transitoires qui restreignent l'accès à l'emploi et aux prestations sociales pour les roumains et bulgares.

Localement, nous demandons officiellement qu'un processus concret s'engage entre les pouvoirs publics, les collectivités territoriales, les familles et le collectif de soutien suite à la visite effectuée sur le terrain par Madame la Préfète, Monsieur le Sous-Préfet et les Maires de Chanteloup et de Triel, le 21 juillet dernier.

Régler la situation de ces familles courageuses et volontaires est possible. Il suffit d'en avoir la volonté. Il suffit d'avoir un comportement et des engagements humains et dignes. Nous avons contacté la Sous Préfecture en ce sens. Avec les familles nous attendons rapidement des actes concrets et porteurs d'espoirs et non de désespoirs.

Dans l'attente d'une résolution globale de la situation, nous exigeons, avec les associations et organisations qui constituent et soutiennent le collectif, que :

  • l'engagement pris lors de la visite d'installer des bennes à ordures soit réalisé sans attendre,

  • le terrain soit viabilisé de façon transitoire (eau, électricité et accès notamment), jusqu'au relogement définitif des familles.

  • la garantie d'aucune expulsion, tant du terrain que du pays, soit apportée,

  • la scolarisation des enfants soit effective et facilitée, notamment en ce qui concerne les transports scolaires et la cantine, comme le stipule la loi,

  • les allocations familiales et prestations sociales soient attribuées aux familles,

  • soient régularisés les adultes pouvant l'être dès maintenant.

Tout retard ou expulsion ne ferait qu'amplifier la précarité et la fragilité des familles et des enfants, sans régler leurs situations et serait lourd de conséquences.

Contact :

Yasmin Melet 06 87 06 49 30

Annick Omond 06 80 43 89 75

Gilles Sert 06 73 39 14 96

romyvelines@hotmail.fr

D'un département à l'autre, les mêmes problèmes, les mêmes malheurs, les mêmes solidarités aussi. Nous sommes d'accord avec le Collectif de soutien aux familles rroms de Triel-Chanteloup.

Le Collectif de soutien aux familles rroms de Roumanie.

dimanche 1 août 2010

Il est des élus courageux

La prise de position ci-dessous, brève, rapide et claire, d'un élu socialiste, le jour même de la réunion de l'Élysée, mérite d'être saluée.

Que nous ne partagions pas tout ce qui y est dit est secondaire.

Certes, la participation de la Région d'Ile de France au financement des aires d'accueil existe, mais bien des villes n'en usent pas, volontairement !

Quant à l'aide à l'hébergement des Roms, ce n'est pas qu'une question de financement : les expulsions multiples en témoignent.

L'essentiel est que la stigmatisation y soit dénoncée. Merci.



Réaction de Jean-Paul Huchon suite à la réunion qui s’est déroulée à l’Elysée.


Encore une réunion pour stigmatiser les roms et les gens du voyage !


Pour Jean-Paul Huchon « il n’était pas nécessaire d’organiser une réunion avec cinq ministres pour se contenter de stigmatiser les gens du voyage dont l’écrasante majorité est française et les roms. Comme tous les citoyens, ceux qui ont commis des délits doivent être jugés. Mais nul besoin de créer une loi particulière pour les roms et les gens du voyage ! »


En revanche, la loi Louis Besson, qui impose aux communes de plus de 5000 habitants la création d’aires d’accueil, existe.


Louis Besson


Jean-Paul Huchon demande à l’État de faire « appliquer cette loi par tous les élus de la république. Les gens du voyage ont besoin de mesures d’accompagnement social, d’écoute et de scolarisation des enfants.


Une fois de plus, Nicolas Sarkozy, empêtré dans les affaires et en échec patent sur le front économique et social, tente de se refaire une santé politique en brandissant le réflexe sécuritaire. »


Pour sa part, la région Ile-de France a financé 78 aires d’accueil pour les gens du voyage, soit près de 2.000 places crées pour un investissement total de 18,2 millions d’euros.


La Région a aussi mis en place, depuis 2005, un dispositif pour faciliter l’hébergement des familles roms.



Communiqué du 28 juillet 2010