jeudi 30 septembre 2010

Non au fichage anthropométrique des Roms !

Communiqué

Le 30 septembre 2010

Le 28 septembre 2010, à Méry-sur-Oise, sur la Butte de Montarcy, une opération de police judiciaire a conduit les services de la gendarmerie à effectuer des mesures biométriques sur les personnes de Roms séjournant, sur un terrain en friche.

Tous les Roms adultes ont subi un véritable fichage avec photographies, de face et de profil, prise d’empreintes palmaires et digitales, enfin prélèvements de salive permettant le relevé des empreintes génétiques. (Le Fichier national automatisé des empreintes génétiques, ou FNAEG, créé en 1998, est un fichier commun à la police nationale française et à la gendarmerie nationale française, qui gère les traces d'ADN prélevées au cours des enquêtes).

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Relevé d'empreintes digitales : suivons-nous l'exemple de Berlusconi ?

Les informations recueillies, confidentielles, sont censées concerner des personnes susceptibles d’avoir commis des délits et le seul fait d’avoir participé, « en réunion », à un stationnement illicite, est considéré comme un délit.

Le Collectif de soutien aux familles rroms de Roumanie considère qu’un fichage, même légal, peut être illégitime et illicite, c’est-à-dire immoral. L’éthique précède la loi. La criminalisation des Roms, quoi qu’ils fassent, est une discrimination que réprouvent nombre d'instances internationales et qu'a récemment déplorée la Commission européenne .

Il s’agit, selon nous, d’un fichage des Roms et donc d’un fichage ethnique qui est à rapprocher des fichages anthropométriques des Tsiganes réalisés, en France, de 1912 à 1969. Cette vieille pratique raciste, abandonnée au siècle dernier, doit être condamnée, sans réserve, par tous les citoyens attachés au respect des êtres humains. Elle est incompatible avec notre démocratie elle-même.

Avec le soutien et la participation de citoyens d’Ile de France
d’ASET 95, la Ligue des Droits de l’Homme et le Secours Catholique.


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Comme au siècle dernier, de 1912 à 1969...

Voir : http://www.ressources-solidaires.org

jeudi 23 septembre 2010

Antisarkozystes hier, antiroms aujourd'hui...?

Communiqué, envoyé à la presse, ce jour :

Les élus qui hurlent contre la politique discriminatoire du gouvernement à l'égard des Roms et qui, en même temps, les assignent devant les tribunaux pour « stationnement illicite » sont inconséquents et, en dépit de leurs prises de position publiques, demeurent impitoyables.

En l'occurrence, dans le Val d'Oise, dans l'Agglomération de Cergy-Pontoise, il s'agit de faire condamner des familles, installées depuis de nombreuses années en France, en situation administrative régulière, mais n'ayant jamais trouvé où vivre, où arrêter les caravanes inaptes au voyage dans lesquelles ils séjournent. Où qu'ils fassent halte on les expulse donc !

Parmi les personnes qui sont là, sur le territoire de Liesse, à Saint Ouen l'Aumône, plusieurs dizaines de fois contraintes de se déplacer, le long du « Chemin de la Haute Vacherie » (ça ne s'invente pas !), dans les friches rurales ou industrielles de la Plaine dite de Pierrelaye, il est un homme, arrivé en 1982 (déserteur de l'armée de Ceausescu, à l'époque), une de ses filles, (née en France, en 1992, et naturalisée française), et sa sœur (une dame âgée, dont l'époux et plusieurs membres de sa familles furent tués, lors d'un accident de la route, en 2002, suite à un mauvais attelage de caravane, après une expulsion de la forêt d'Achères).

Voilà, parmi d'autres, qui sont les indésirables auxquels la Communauté d'Agglomération de Cergy Pontoise ne laisse aucun répit ! Chassés de Liesse, de Neuville, de la zone d'activités des Béthunes, de la Plaine de Pierrelaye, les Roms sont épuisés, ne sachant plus ni que dire ni que faire, mais voulant farouchement faire leur vie ici.

Assignés « en référé d'heure à heure » (est-ce si urgent, y a-t-il péril ?), les Roms ont reçu, le 21 septembre, des mains d'un huissier, une convocation devant le Tribunal de Pontoise, le 24 septembre, dès 9h. 30 ! Un avocat a été averti, in extremis, sinon ils allaient se retrouver sans conseil devant le Juge !

Qu'on cesse de parler des Roms pour les plaindre, si l'on ne recherche, pour régler leurs installations illicites, aucune autre solution que judiciaire ! En pratique, on s'aligne sur ce que sont chargés d'exécuter Messieurs Hortefeux et Besson ! La limite de l'hypocrisie est ici atteinte et Monsieur Dominique Lefèvre, président de l'Agglomération, pourrait pourtant, s'il veut ne pas entrer en contradiction avec lui-même, intervenir pour qu'on laisse aux Roms le temps de respirer !

À quoi servent, en effet, ces protestations et cette énorme vague d'informations visant à faire prendre en considération le sort des Roms, si rien jamais ne change ! Une fois retombée la fièvre médiatique, allons nous nous retrouver dans la situation antérieure, ou pire ?

Jean-Pierre Dacheux, animateur du Collectif de soutien aux familles rroms de Roumanie.
Jean-Claude Vitran, de la Ligue des Droits de l'homme.


Le 23 septembre 2010.

mercredi 22 septembre 2010

OSCAR ou le déni de citoyenneté européenne des Roms

Communiqué commun du GISTI, d'IRIS et de la LDH - 21 septembre 2010

La Résolution adoptée le 7 septembre par le Parlement européen sur la situationdes Roms et la libre circulation des personnes dans l'Union européenne renforce considérablement la vague de protestations déjà exprimées, en France et à l'étranger, contre la campagne xénophobe menée par le gouvernement français contre les Roms.

S'agissant particulièrement du fichage biométrique des Roms, la Résolution «souligne que le relevé des empreintes digitales des Roms expulsés est illégal et contraire à la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne [...], aux traités et au droit de l'Union européenne [...], et qu'il constitue une discrimination fondée sur l'origine ethnique ou nationale ».

C'est pourtant précisément ce que la France se propose de faire très prochainement. Certes, le fichier OSCAR, dont la légalité a été contestée devant le Conseil d'État, vise l'ensemble des étrangers susceptibles de bénéficier d'une aide au retour. Mais, en pratique, ce sont majoritairement les Roms, qu'ils soient ressortissants bulgares ou roumains, qui sont visés puisqu'ils représentent 90% des personnes qui se voient attribuer une aide au retour « humanitaire ». La raison en est simple : les pouvoirs publics ont développé une stratégie consistant, lors de l'évacuation d'un campement de Roms roumains ou bulgares, à leur forcer la main pour qu'ils acceptent l'aide au retour « humanitaire », sous peine d'être placés en garde à vue ou d'encourir des poursuites pénales.
Afficher l'image en taille réelle
Le fichage biométrique des Roms, qui prend un relief particulier dans le contexte actuel, constitue un déni inacceptable de leur citoyenneté européenne. C'est là une raison supplémentaire et urgente de faire constater l'illégalité du fichier Oscar.

Devant l'imminence de la mise en oeuvre de la biométrie dans le fichier OSCAR, le Groupe d'information et de soutien des immigrés (GISTI), l'association Imaginons un réseau Internet solidaire (IRIS) et la Ligue des droits de l'homme (LDH) ont demandé, le 31 août dernier, au Conseil d'État d'accélérer l'instruction de leur recours contre le décret de création de ce fichier.

Le GISTI, IRIS et la LDH se félicitent de voir leur requête entendue. Commel 'analysent les associations dans leur note complémentaire, OSCAR représente aujourd'hui un danger immédiat et massif pour les Roms, tout en demeurant un outil de biopolice des étrangers non européens.




[Adresse de ce communiqué sur le web: http://www.iris.sgdg.org/info-debat/comm-oscar0910.html


vendredi 17 septembre 2010

Une expulsion "exemplaire

Cela se passe à Méry sur Oise (Val d'Oise), en ce début su mois de septembre. Quelques familles roms y étaient installées en contrebas de l'autoroute A115. Elles étaient là, depuis plusieurs mois, régulièrement, suite à une décision de justice.

La DIRIF (1), propriétaire du terrain avait, en effet, intenté un procès contre les Roms et l'avait perdu, car l'isolement, la non utilisation et la non dangerosité du lieu avait été démontrés à l'audience. La DRIEA (2), nouvel organisme propriétaire, n'aura pas à faire appel : les menaces d'expulsions des gendarmes ont suffi à faire partir ces familles bien insérées. Expulsion du terrain (sous 48 h.) et expulsion de France, si n'est pas respectée l'obligation d'avoir à quitter le territoire français (l'imprimé OQTF) distribuée à certains occupants !

Les familles, avec enfants en bas âge, une jeune fille handicapée, (en soins, avec opérations successives) venaient de subir un premier traumatisme suite à un incendie survenu, dans la nuit, sans qu'on en connaisse l'origine (oubli d'une bougie allumée, acte de malveillance)...

Des pères de familles travaillaient. Des enfants étaient scolarisés. Des nouveaux nés étaient suivis à la PMI. Aucune hostilité dans le voisinage. Des rapports d'amitié et de solidarité avec des habitants de la commune, notamment, étaient apparus.

Mais voilà, la direction de la DIR prétextant, contre toute évidence, que l'incendie avait menacé les automobilistes de passage sur l'autoroute, avait ordonné de faire disparaitre toute présence habitée de cet espace placé sous sa responsabilité. La gendarmerie appuyant cette décision, donc avec l'accord de l'administration préfectorale, avait exigé une évacuation sous 48 heures, afin que puissent intervenir les engins nécessaires pour nettoyer les lieux.

Second traumatisme et peur de se retrouver sans abris et sans possibilité d'en reconstruire de nouveaux !




(1) Le 1er juillet 2010, la DRIEA a été créée. Ce qui suit n'est pas un canular ! Voir : http://www.dir.ile-de-france.developpement-durable.gouv.fr
"Placée sous l’autorité du préfet de Région, la DRIEA est issue de la fusion de la Direction Régionale de l’Equipement d’Ile-de-France (DREIF) hormis dans sa dimension logement, de la Direction des Routes d’Ile-de-France (DIRIF), des Directions Départementales de l’Equipement (DDE) des Hauts-de-Seine, de Seine-Saint-Denis et du Val-de-Marne et de la Direction de l’Urbanisme du Logement et de l’Equipement (DULE) de Paris. Conformément à la circulaire du Premier ministre du 27 juillet 2009, elle constitue l’une des trois directions du MEEDDM, aux côtés de la DRIHL et de la DRIEE".

(2)
Direction régionale interdépartementale de l’équipement et de l’aménagement. Voir : http://www.driea.ile-de-france.developpement-durable.gouv.fr/

mercredi 15 septembre 2010

Avec l'enfant rrom de Saint-Étienne

L' enfant qui vit sous cet arbre est en France depuis plusieurs années.
L' enfant qui vit sous cet arbre poursuit une scolarité des plus conventionnelles ...
École primaire , CE2..., lire, compter ... jouer ,
dans l'une des écoles de notre ville .
Sa sœur est rentrée au collège.
Mais cet enfant se cache, tout comme sa soeur, tout comme leur mère,
sous des bâches, à la périphérie de la ville,
loin des regards de la Préfecture, de la Police , de la Mairie.
Jusques à quand , cela va-t-il tenir ?
Il n'y a plus que sous cet arbre qu'on peut trouver refuge à Saint-Étienne.
L' enfant veut aller à l' école ; l' enfant va à l' école.
Pas simple de faire quelques écritures sous un arbre.

Et voilà que le temps se gâte ...

Texte et photo : Marie-Pierre Vincent

mardi 14 septembre 2010

Les Roms ne s'installent que sur des "stationnements illicites", alors...

http://parisbanlieue.blog.lemonde.fr/files/anpeste_1.jpg
Manger l'herbe d'autrui ! quel crime abominable !
Rien que la mort n'était capable
D'expier son forfait : on le lui fit bien voir.

On ne coupera plus les épicéas mais seulement... les arbres de Noël qui poussent en forêt et qui ont des aiguilles. On ne chassera plus les écureuils mais seulement... les rongeurs à longue queue qui sautent d'un arbre à l'autre. On cessera d'empêcher les hirondelles de nicher sous les toits mais seulement... les oiseaux qui se posent par dizaines sur les fils électriques quand approche l'automne.

Le temps est venu où il faut apprendre à ne plus appeler un chat un chat, quand on le poursuit !

Le Ministre Hortefeux, avec cynisme et détermination, a supprimé une circulaire de son Ministère, adressée aux Préfets, qui accordait la préférence aux Roms, quand il s'agit de procéder à des expulsions. Une autre circulaire la remplace qui se contente de demander aux préfets et flics de France de s'en prendre aux stationnements illicites, quels que soient les occupants. Le bon apôtre ! Rien ne change que les mots. Tout le monde a compris : continuez à chasser le Rom, cet animal qui s'installe n'importe où, forcément de façon illicite, puisque nulle place ne lui est réservée !

Aurait-on jamais cru, voici quelques mois, que les Roms occuperaient le devant de la scène médiatique, par volonté d'État, et cela si longtemps ? Depuis un mois et demi, le pouvoir s'évertue à mettre en œuvre une politique que même ses amis de la droite européenne récusent. Les plus hautes autorités internationales ont beau émettre des réserves prudentes ou des condamnations franches, rien n'y fait : on tient le coupable symbolique, celui qui peut cristalliser toutes les angoisses sécuritaires des Français. On ne le lâchera pas.

Au secours La Fontaine, toi qui stigmatisait le Prince (le Lion !) qui, avec sa cour de fauves accusait, en pleine crise (la peste), ... "ce pelé, ce gâleux dont nous vient tout le mal". Et oui, encore et toujours, "selon que vous serez puissant ou misérable, les jugements de cour vous rendront blanc ou noir. C'est décidé : blanc est Éric Woerth, noir le Rom qui ose occuper des friches industrielles ou rurales, où le stationnement est "illicite" !

Oh la belle expression que celle-là : "stationnement illicite" ! Le sol qu'occupe un "misérable" (celui qui vit dans la misère et la délinquance qui s'en suit, eut dit Hugo!) est-il à l'abandon, sans occupant, voire sans voisin, insalubre, pollué, inutilisable à court et moyen terme ? Peu importe : il a un propriétaire. Le propriétaire tolère-t-il cette occupation ? Il a tort et l'État fera respecter la loi. Le stationnement est illicite et donc, avec (ou sans !) le concours de la justice, on remet de l'ordre dans cet espace que, de surcroît, les Rroms vont polluer plus encore puisqu'on les laissera sans eau, sans poubelles et sans latrines, en attendant l'organisation de l'expulsion.


Le Pot de fer proposa
Au Pot de terre un voyage.

Dans ce voyage (vers la Roumanie ?) du pot de fer entrainant le pot de terre (encore La Fontaine !), la fausse sollicitude du pot de fer choque, entrechoque et casse, certes, le pot de terre, mais c'est le pot de fer qui va se bosseler, rouiller, se vider, pour finalement aller rouler dans le bas côté de l'histoire. Quant au pot de terre, à peine est-il en mille morceaux qu'il s'en remodèle un autre, avec la bonne argile de notre terre. Les pots de terre sont, finalement, plus durables que les pots de fer et ce ne sont pas les archéologues qui diront le contraire.

samedi 11 septembre 2010

Roms en France : discrimination et mensonge !

Tout est dit...

Une circulaire du ministère de l'Intérieur aux préfets sur les "évacuations de campements illicites", dont l'AFP a obtenu une copie, cible expressément les Roms, contrairement aux assurances données jeudi à ce sujet par le ministre de l'immigration Eric Besson.

En préambule, cette circulaire, datée du 5 août 2010 et signée par Michel Bart, le directeur de cabinet du ministre de l'intérieur, rappelle aux préfets les "objectifs précis" fixés par le président Nicolas Sarkozy: "300 campements ou implantations illicites devront avoir été évacués d'ici trois mois, en priorité ceux des Roms".

"Il revient donc, dans chaque département, aux préfets d'engager (...) une démarche systématique de démantèlement des camps illicites, en priorité ceux de Roms", dit le texte.

"Les préfets de zone s'assureront, dans leur zone de compétence, de la réalisation minimale d'une opération importante par semaine (évacuation / démantèlement / reconduite), concernant prioritairement les Roms", poursuit la circulaire qui est accompagnée d'un tableau type.

La circulaire faisait suite aux décisions prises par Nicolas Sarkozy fin juillet, qui visaient déjà les Roms. "J'ai demandé au ministre de l'intérieur de mettre un terme aux implantations sauvages de campements de Roms, ce sont des zones de non-droit qu'on ne peut pas tolérer en France", avait affirmé Nicolas Sarkozy.

Face aux critiques du parlement européen sur les récentes reconduites à la frontière, M. Besson a assuré jeudi dans un communiqué que "la France n'a pris aucune mesure spécifique à l'encontre des Roms".

"Les Roms ne sont pas considérés en tant que tels mais comme des ressortissants du pays dont ils ont la nationalité", a-t-il affirmé en assurant que la France "ne met en oeuvre aucune expulsion collective.

http://www.google.com/hostednews/afp/article/ALeqM5jhvCtZIFz6CnwuOZ_Yz---Fv3n7w

Voir aussi : http://www.mediapart.fr/club/edition/les-invites-de-mediapart/article/110910/hortefeux-le-racisme-en-circulaire

http://www.lexpress.fr/medias/1079/552545_les-roms-expulses-se-mobilisent-a-montreuil.jpg