lundi 21 mars 2011

Sucy en Brie : une action éclairante, un débat révélateur !

Il y a, parmi nous, deux minorités : celle des solidaires des Rroms et celle des adversaires. des Rroms Solidaires des hommes en difficultés ou adversaires des hommes qui ne vivent pas comme nous. Les uns soutiennent; les autres hurlent. Les troisièmes ... observent ! Au moment où s'expriment, dans les urnes, la peur et le rejet de l'autre, il est grand temps de comprendre que "ça commence avec les Rroms, mais après, à qui le tour... ?"

sucy-en-brie, hier. Le comité de soutien des Roms avait organisé   une journée portes ouvertes. Objectif ? Tenter de faire connaître la  situation de ces 34 personnes qui se retrouveront à la rue ce soir   apres avoir été accueillies par la paroisse Sainte-Jeanne.

À Sucy-en-Brie, des paroissiens aux militants syndicaux, les habitants se mobilisent pour venir en aide à des Roms. Les Roumains et les membres de leur comité de soutien ont manifesté ensemble, samedi 19 mars.

Sur le marché de Sucy-en-Brie (Val-de-Marne), samedi 19 mars, le bal des cabas a été dérangé par un inédit cortège : des habitants de la commune et des Roms ont défilé ensemble entre les étals, réclamant des mesures d'hébergement durable pour 34 étrangers qui vivent depuis deux ans, sur place, dans une extrême précarité.

La petite manifestation, qui visait à éveiller les consciences, n'a, de fait, pas laissé indifférent. Une centaine de personnes ont signé la pétition adressée à la mairie. Mais des invectives ont aussi fusé : " Qui c'est qui nous vole ? " ou " la France aux Français ! ".

Le Comité de soutien aux Roumains de Sucy n'émarge pas aux traditionnelles associations d'entraide. Ses membres ne sont pas des propagandistes chevronnés. Ils sont pharmacien, retraité de la banque, contrôleur de gestion, imprimeur, professeur des écoles ou négociant en vins, de gauche ou de droite. Des citoyens ordinaires, simples fidèles de la paroisse, qui ont noué des relations avec les squatteurs roumains. " J'ai appris à les connaître, raconte Blandine Lambert. Je me suis alors retrouvée non plus face à une abstraction, mais devant l'Homme. "

En novembre 2010, lorsqu'un arrêté d'expulsion a été placardé à l'entrée du terrain, les paroissiens ne sont pas restés les bras ballants. Les premières neiges ont hâté les résolutions. Elles ont fini de convaincre le Père Dominique Henry d'ouvrir, dans l'urgence, le relais paroissial Sainte-Jeanne, qui sert habituellement au catéchisme et aux activités des scouts. " Il aurait été scandaleux de laisser ces gens dehors dans le froid ", explique simplement le curé. Propriétaire du lieu, l'évêché a donné son accord.

Depuis lors, onze couples et douze enfants s'entassent dans les quatre pièces du petit local communautaire. Au mur, sont inscrits des plannings avec les noms des personnes chez qui les familles peuvent aller, en petits groupes, se doucher ou laver leur linge. Le comité apporte aussi un soutien scolaire aux enfants, se bat pour obtenir la scolarisation de ceux qui ne le sont pas encore.

Bravent-ils la légalité en aidant des étrangers en situation irrégulière ? " Je ne me suis jamais posé la question ", assure Jean-Paul Percher. " Si nous n'avions rien fait, il y aurait eu non-assistance à personnes en danger ", défend Patrick Angelvy. " Est-ce la chose la plus répréhensible en France que d'aider des gens à prendre des douches ? ", interroge Bruno Lambert. Depuis quatre mois, la cachette est, bien sûr, connue de la police, qui mène une surveillance discrète des activités du Comité.

Avec le temps, la mobilisation a largement dépassé le cadre confessionnel. Des hommes et des femmes de tous horizons ont rejoint le comité, du militant CGT à l'athée revendiqué. " Au sein des parents d'élèves, les opinions ont été très partagées. On nous a demandé pourquoi s'occuper de ces gamins plus particulièrement ", explique Gilles Coia, un responsable de la Fédération des conseils de parents d'élèves des écoles publiques (FCPE) qui a rejoint le comité. "Le côté composite de notre groupe fait sa force. On ne peut nous cataloguer. C'est un peu comme si Don Camillo et Peppone s'unissaient pour une cause ", assure Pierre Girard. Ce diacre refuse de mettre en avant ses valeurs chrétiennes : " J'ai simplement foi en l'homme. "

Mais aucune solution durable ne se dessine et la paroisse souhaiterait récupérer l'usage du local, début avril, pour ses activités. Formé de bonnes volontés, né de la nécessité, le Comité se retrouve dans une impasse juridique. Il s'est donc assuré le concours de militants plus aguerris, comme l'association Romeurope ou Amnesty International. François Taconet, responsable d'Habitats solidaires, une coopérative qui s'occupe d'hébergement social, propose de construire des bungalows en bois. Encore faut-il trouver le terrain et des aides publiques. " Ce n'est pas gagné ", reconnaît ce responsable, qui dénonce le côté " irrationnel " du débat sur les Roms.

La maire (UMP) de la commune, Marie-Carole Ciuntu, ne cache pas son embarras. " Il n'y a pas de solution qui se dégage ", admet cette élue, dont le père était lui aussi roumain. La présence des Roms exacerbe les passions chez ses 27 000 administrés et la maire oppose aux fermes admonestations du comité les plaintes du voisinage.

Elle rappelle que la commune recense déjà 300 demandeurs de logement social et compte deux autres camps illégaux sur son territoire. Elle redoute la création d'un " appel d'air ", comme cela a été le cas dans d'autres communes d'Ile-de-France. " Le comité de soutien est formé de gens de bonne foi, qui ont parlé avec leur cœur, mais qui ignorent le contexte général. La question des Roms est complexe et ne peut être résolue au seul niveau d'une commune ", plaide-t-elle.

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http://www.leparisien.fr/sucy-en-brie-94370/l-operation-seduction-des-roms-14-03-2011-1357219.php

vendredi 11 mars 2011

L’article 90, (ex 32 ter A) de la loi Loppsi 2 : censuré !

L’expulsion administrative des habitations non conformes est retirée de la Loppsi 2 par le Conseil Constitutionnel.

Droit Au Logement salut la décision du Conseil Constitutionnel, (une fois n’est pas coutume...), de censurer l’article 90, (ex 32 ter A), contre lequel le DAL s’est battu depuis début septembre 2010. Il prévoyait d’expulser arbitrairement, en 48h, sur décision du préfet, sans le juge, les occupants d’habitations non conformes au code de l’urbanisme, et sur une procédure expéditive, de détruire leur habitation, y compris sur un terrain privé.

Les sans abris dans des cabanes, les familles du DAL sous des bâches ou des tentes, les Roms et les habitants de bidonvilles, les voyageurs sur des terrains à eux, les militants de l’habitat choisi, les habitant de mobil home sans autorisation, les habitant de camping à l’année, les auto constructeurs... vont souffler. Ils pourront au moins se défendre devant un juge, ne pas être expulsés en hiver, et préserver leurs biens... Ouf !

Les Ministres et les Préfets répresseurs, les Maires expulseurs et les voisins jaloux peuvent se rhabiller : le grand ménage des indésirables n’est pas encore à l’ordre du jour et le combat pour le Droit au logement pour tous l’est encore plus !

DAL qui a encouragé la mobilisation dès septembre 2010, salut les activistes, les réseaux et les associations, syndicats et organisations qui dans de nombreuses villes ont mis en place des campements, des manifestations, des interpellations des élus et de l’opinion, sur l’article 90 et en général la loi Loppsi 2. Rejoint dans ce combat par de nombreuses associations et de mouvement de lutte de précaires, de défense de l’habitat choisi, d’associations de défense des voyageurs, de syndicats de salariés, Droit Au logement rappelle que la lutte paye.

DAL salut également la censure d’autres articles particulièrement répressifs de cette loi fourre tout à caractère répressif, anti-pauvre, autoritaire, et pré fasciste, mais s’indigne que d’autres articles liberticides demeurent, tels que celui réprimant les vendeurs à la sauvette et les biffins, la création de milices paramilitaires et toutes les autres mesures de cette loi de propagande préélectorale.

http://www.droitaulogement.org/loppsi-2-l-article-90-ex-32-ter-a-retire-par-le-conseil-constitutionnel.html

Documents à télécharger

pdf
Article 90 de la Loi d’Orientation et de Programmation pour la Performance de la Sécurité Intérieure (Loppsi 2)
Arguments de La Fédération Droit Au Logement présentés au Conseil Constitutionnel
Document PDF (.pdf) - 49.8 ko - 10/03/11. Télécharger


LOPPSI 2 a déraillé...

LOPPSI 2 a dérailléLe Conseil constitutionnel a censuré, jeudi 10 mars, treize articles de la loi d'orientation et de programmation pour la performance de la sécurité intérieure (Loppsi 2) adoptée au Parlement le 8 février. C'est la première fois dans l'histoire de la Ve République qu'autant d'articles d'une loi sont censurés. C'est aussi un nouveau revers pour Nicolas Sarkozy et pour sa majorité, tant cette loi d'orientation devait permettre de traduire les orientations sécuritaires annoncées par le président de la République dans son "discours de Grenoble", le 30 juillet 2010.

De fait, le texte initial déposé par le gouvernement en mai 2009, qui comptait quarante-six articles, n'a cessé d'enfler au fil des lectures pour en comporter cent quarante-deux à l'arrivée. C'est sous l'impulsion du président de la République qu'un certain nombre de dispositions ont été intégrées après le discours de Grenoble.

Le Conseil constitutionnel a ainsi censuré l'article permettant au préfet de procéder à l'évacuation forcée de terrains occupés illégalement. Une disposition introduite à la demande du chef de l'Etat, pour marquer sa volonté de procéder à des évacuations de campements de Roms, qui autorisait à procéder dans l'urgence, à toute époque de l'année, à l'évacuation de personnes défavorisées et ne disposant pas d'un logement décent.

De même, le Conseil s'est opposé aux articles étendant aux mineurs l'application de "peines plancher" et autorisant leur comparution immédiate à la demande du procureur de la République sans saisir au préalable le juge des enfants. Il réaffirme ainsi la spécificité de la justice des mineurs, qui impose de prendre en considération leur personnalité et leur devenir.

L'INSTALLATION DE SALLES D'AUDIENCE AU SEIN DES CRA REFUSÉE

Censurées également, des dispositions accordant aux policiers municipaux des pouvoirs de police judiciaire, tels que la possibilité de procéder à des contrôles d'identité. Le Conseil a sérieusement encadré la possibilité de création de logiciels de "rapprochement judiciaire" permettant la mise en œuvre de traitements de données à caractère personnel recueillies à l'occasion d'enquêtes judiciaires. Ceux-ci ne pourront être autorisés que sur décision de l'autorité judiciaire et pour une durée de trois ans.

Le Conseil a aussi refusé l'installation de salles d'audience au sein des centres de rétention administrative, rappelant la nécessité de "statuer publiquement , c'est-à-dire qu'on n'installe pas des palais de justice à l'intérieur des prisons.

Enfin, la disposition réintroduisant une forme de "double peine" de telle sorte que le président de la cour d'assises demande aux jurés de se prononcer sur l'interdiction du territoire d'un condamné d'origine étrangère a été censurée.

En rendant cette décision lourde, le Conseil constitutionnel a mis un sérieux coup d'arrêt à un ensemble législatif qui, au milieu d'un vaste "fourre-tout", tentait de contourner à la fois la jurisprudence et des principes constitutionnels.

Patrick Roger
http://www.lemonde.fr/politique/article/2011/03/10/securite-le-conseil-constitutionnel-censure-des-articles-cles-de-la-loppsi-2_1491423_823448.html

Voir aussi :


lundi 21 février 2011

Rroms en Bulgarie, aussi...

Sur Facebook, les Roms ne sont le plus souvent que de simples Tsiganes. vnimanie_cigani.1280575507.JPGA savoir des moins que rien, surtout lorsque leur sort est évoqué par leurs concitoyens d’Europe de l’Est. On dirait même que, sur ce réseau social plutôt ludique, les dernières barrières tombent pour laisser libre cours aux propos racistes, injurieux et dégradants.

Il y a un an, quelques personnalités publiques bulgares s’étaient indignés de l’existence de plusieurs groupes Facebook au contenu dépassant l’entendement : “Il faut castrer les Tsiganes plutôt que les chiens errants”; “Utilisons les Tsiganes comme combustible nucléaire” ; “Transformons les Tsiganes en savon”, etc… Ils regroupaient des dizaines de milliers de personnes - des nazillons et des ultras de foot bien évidemment, mais aussi des jeunes plutôt “cool”, des enfants de la démocratie, nés après les changements de 1989. Face aux critiques et suite à la fermeture de leurs groupes, ils ont fondé “Faisons cadeau d’un million de Tsiganes aux Etats-Unis”, un espace qui a réuni plus de 35 000 fans. Pour que ces Roms puissent servir outre-Atlantique de mannequins pour les crash tests des voitures, ont-ils cru bon de préciser.

Pour la majorité de ces jeunes, Hitler est un héros, ont constaté avec effarement les Bulgares plus âgés. Parce que, lui, il aurait su “régler le problème avec les Tsiganes”. Lorsqu’on passe en revue ces pages, les symboles nazis côtoient ceux du FC Levski de Sofia (là où joue “l’enfant terrible” du foot français, le jeune Garra Dembélé d’origine malienne), mais aussi des signes trahissant les goûts somme toute assez communs de ces jeunes : musique électronique, fast-food, fringues à la mode… A Belgrade, les fans de FC Partizan traitent leurs adversaires de l’Etoile rouge de “Tsiganes” - soit l’insulte suprême. Et, comme les autres, ils trouvent ça très drôle.

Sophie A., une franco-bulgare, ancienne employée de l’Institut français de Sofia, alerte systématiquement les administrateurs de Facebook de l’existence de ces groupes. La plupart finissent par être fermés, mais d’autres s’ouvrent dans la foulée. Aujourd’hui, il y en aurait quelque 200 de ce type, administrés par des Bulgares. On y trouve toujours le nauséabond “Transformons les Tsiganes en savon”, mais aussi une kyrielle de groupes plus petits appelant à la déportation des Roms de Bulgarie. Mais vers où ? Certains proposent l’Inde, d’où ils seraient partis il y a plusieurs siècles de cela. Souvent, Nicolas Sarkozy est cité comme un exemple à suivre, voire un héros, en référence à la campagne d’expulsion de Roms de l’été dernier. Le plus populaire regroupe ceux qui refusent de “payer pour les Tsiganes” , soit près de 20 000 personnes. Il reprend une idée très répandue en Bulgarie : les Roms ne cotisent pas, ne paient pas leurs factures, mais on n’y peut rien parce qu’ils se plaignent alors d’être discriminés ; du coup, c’est les Bulgares qui trinquent.

“Lorsque la Bulgarie négocie à Bruxelles, j’aimerais que les Européens en face soient au courant que ses gouvernements n’ont jamais condamné publiquement ce racisme ahurissant”, écrit Sophie. “J’aime beaucoup la Bulgarie et ne me réjouirai jamais de sa mauvaise image, j’ai la faiblesse de croire que les Balkans c’est davantage le komsuluk [le bon voisinage] que les nazillons. Pour que ça change, je me dis que ça doit davantage être rendu public, à commencer en Bulgarie“, poursuit-elle. Parce que Sophie croit, comme beaucoup d’autres ici, que la Bulgarie est tout le contraire de l’image qu’en donnent ces jeunes : un pays où la différence et l’altérité ont toujours été une composante essentielle, voire le ciment de cette société tolérante, bigarrée et indolente.

Ce n’est certainement pas ce que pensaient les 400 jeunes qui ont battu le pavé le 12 février, lors d’un événement qui, depuis quelques années, regroupe tous les nazillons bulgares. “La marche à la mémoire du général Loukov”, du nom de Hristo Loukov, ce haut gradé partisan déclaré du Troisième Reich, considéré comme l’un des idéologues du fascisme bulgare. Assassiné par des extrémistes de gauche en 1943, il est aussi, pour d’autres, un symbole de cette Bulgarie qui a résisté au communisme. Toujours est-il que cette marche, qui a lieu à la tombée de la nuit, ne manque pas de soulever quelques réminiscences pénibles (et une petite polémique). Les jeunes portent des torches, certains ayant enfilé des uniformes d’avant-guerre. Ils traversent le centre-ville en hurlant des slogans nazis, avant de rendre hommage à leur héros devant la tombe du soldat inconnu. Cette année, une fois de plus, des organisations juives, des ONG et des militants de gauche ont demandé l’interdiction de la marche ou, du moins, un changement de son parcours qui traverse le cœur historique de Sofia. En vain.

mercredi 16 février 2011

Sarcelles : l'expulsion des Rroms en questions !

Un jour, on veut faire expulser les Rroms, par décision de Justice.
Le lendemain, on prétend ne pas le vouloir !

La ville de Sarcelles, dans le texte même de l'assignation dont dispose les avocats, a bien exprimé une demande d'expulsion.
Mais le Tribunal de Pontoise a reporté son audience du 16 février au 16 mars 2011 et l'affaire, ainsi retardée, fait grand bruit dans la presse, qui s'interroge : "Roms, sept mois après , rien n'est réglé" (Le Parisien, édition du Val d'Oise (pp. 1 à 3).
Alors on tente de dire qu'on veut une concertation et pas une expulsion.

Mais regardons les faits.

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Le 16 février : lu dans
http://www.vonews.fr/article_12603
Expulsion de Roms : La LDH 95 dénonce « la stratégie du double langage » de la gauche

Mercredi, le tribunal de Pontoise examinera la demande d’expulsion d’un campement de Roms installé à Sarcelles. Les deux référés qui seront débattus au TGI ont été déposés par la communauté d’agglomération Val de France et la mairie de Sarcelles, toutes deux dirigés par des élus socialistes. Dans un communiqué, la Fédération départementale de la Ligue des Droits de l’Homme du Val d’Oise se dit « indignée de ce double langage alors que la trame d’un drame humanitaire se joue à Sarcelles. » Une réaction d’autant plus vive que la gauche était montée au créneau après les propos tenus par le gouvernement l’été dernier.


 « Alors qu’elles se sont émues aux propos xénophobes du pouvoir à l’encontre des Rroms, envisageant même de demander la tenue d’une table ronde dans notre département pour trouver des solutions à l’accueil dans la dignité de cette population particulièrement stigmatisée et précarisée, la communauté d’agglomération Val de France et la mairie de Sarcelles, chacune de leur côté, demandent l’expulsion de quelques dizaines de personnes par deux référés qui seront débattus au TGI de Pontoise le 16 février, assortissant, leurs demandes de sanctions pécuniaires » expose la Ligue des Droits de l’Homme 95. Une attitude qu’elle condamne fermement. Surtout que le camp concerné est important.

« 800 personnes dont 150 à 200 enfants »
concernés

« Il ne s’agit pas d’expulser moins de 50 personnes, car le campement, dont il est question dans les demandes d’expulsion, est fort d’environ 800 personnes dont 150 à 200 enfants qui vivent dans des baraques de fortune en bois et en carton dans le dénuement le plus complet », précise la LDH.

Alors que dans les demandes d’expulsion les deux collectivités mettent en avant des conditions de vie « dangereuse et contraire à l’hygiène », l’association voit « une atteinte caractérisée aux droits fondamentaux et à l’humanité toute entière, et surtout un manque de courage politique » en les envoyant « sur les routes, avec un maigre bagage, vers un autre campement tout aussi misérable. »

La Fédération départementale de la Ligue des Droits de l’Homme du Val d’Oise demande d’urgence la tenue d’une table ronde avec tous les acteurs responsables du département « pour trouver des solutions adaptées à cette situation qui, si elle persiste, aura des conséquences dramatiques. »

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Puis, le 17 février :
http://www.vonews.fr/article_12624
Camp de Roms à Sarcelles : « L’expulsion n’est pas la solution »

À Sarcelles, un camp de Roms relance la polémique de l'été dernier. Des communes socialistes environnantes réclament aujourd'hui l'expulsion de ce bidonville où vivent 1000 personnes dont 250 enfants depuis 8 mois. Les acteurs de terrain demandent des solutions d'accueil pour ces populations. Un désir également relayé par le maire PS de Sarcelles, François Pupponi, qui souhaite une table ronde sur le sujet, notamment avec le gouvernement. La justice tranchera le 16 mars prochain sur le renvoi ou non de ces populations vers leur pays d'origine, la Roumanie. Les réactions en vidéo de Jean Claude Vitran, président de la Ligue des droits de l'homme dans le Val d'Oise, et du maire de Sarcelles.
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Alors, qu'en est-il ?
On ment, car on ne peut, à la fois, vouloir la concertation et l'expulsion.

Et voici que la presse, nationale et internationale, dans ce contexte de relance de la question rom, se rend sur le campement de Sarcelles, et qu'y découvre-t-elle ?

• que serait aménageable le terrain, isolé, en bordure de voie ferrée, bitumé, disposant d'un point d'eau, n'ayant qu'une voie d'accès, clos donc, sans caravanes, recevant environ 200 constructions précaires où vivent plus de 600 personnes qui s'organisent elles-mêmes, comme elles peuvent.
• que la municipalité relève, réguliérement une partie des déchets ménagers : ce qui est positif.
• que la scolarisation des enfants, grâce à l'intervention de quatre camions-écoles, est un pis aller très utile, qu'acceptent et attendent les familles, deux fois par semaine.
• que des aménagements et des limites d'utilisation seraient à définir en concertation avec les intéressés, en tenant compte des échecs mais aussi de l'expérience des villages d'insertion existant en Ile de France.
• que l'importance du nombre d'enfants exclut toute évacuation de force sans drame !
• que l'installation de familles là où, par le passé, était prévue une aire d'accueil et de stationnement pour voyageurs français, n'aurait rien d'aberrant.
• que l'on ne peut, sans cesse, refuser d'accueillir des ressortissants européens et se contenter d'exiger d'eux soit de quitter la France soit d'aller s'installer "ailleurs", c'est-à-dire n'importe où, (ce qui ne fait que déplacer les difficultés sans les résoudre).

Ce qui se passe à Sarcelles est exemplaire.

On y voit et on y comprend qu'on ne pourra pas laisser se dégrader une situation qui existe en maint pays d'Europe et pour laquelle, on peut utiliser des crédits existants au lieu de les laisser inemployés.
On y voit et on y comprend que les différentes sensibilités politiques sont à égalité dans leur manque de courage et de volonté politiques pour aborder des questions qui perturbent l'environnement local.
On y voit et on y comprend que la mobilité des Rroms les amène, pour s'adapter à des rejets permanents, à se regrouper rapidement pour tenter de résister ainsi aux évacuations forcées lesquelles ne règlent rien.
On y voit et on y comprend, enfin, que ne pas accepter que des Européens pauvres puissent vivre au milieu de nous est révélateur de notre incompréhension de l'état du monde, dès lors que l'Europe devient, pour les déshérités, une forteresse inapprochable et de l'extérieur et de l'intérieur, ce qui ne saurait durer.

mercredi 2 février 2011

Le Bundestag commémore « l'Holocauste oublié » des Roms et des Sintis


C'est un événement ! Par rapport au comportement du gouvernement français, il jure ! Il faut en méditer les conséquences.

Le Bundestag a vécu, jeudi 27 janvier, une séance exceptionnelle. Pour la première fois de son histoire, le Parlement allemand avait invité un représentant de la communauté rom à s'exprimer devant les députés et les membres du gouvernement, y compris Angela Merkel, assise pour l'occasion au premier rang.

Il s'agissait de commémorer « l'Holocauste oublié » : celui dont furent victimes sous le IIIe Reich, entre 250 000 et 500 000 Roms et Sintis sur une population estimée à environ 1 million de personnes. En Allemagne, le 27 janvier - jour anniversaire de la libération du camp d'Auschwitz par l'Armée rouge en 1945 - est depuis 1996 la Journée nationale de commémoration des victimes du nazisme.

En 2010, c'est le président israélien Shimon Pérès qui était l'invité d'honneur du Bundestag. Cette année, les dirigeants allemands ont voulu mettre au coeur de cette cérémonie Sintis et Roms, victimes, tout comme les juifs, des lois racistes de Nüremberg de 1935.

Longtemps passé sous silence, ce génocide a été reconnu en 1982 par le chancelier Helmut Schmidt qui a, pour la première fois, reçu des membres du Conseil central des Sintis et des Roms d'Allemagne. Alors que 70 000 Roms vivent actuellement en Allemagne avec la nationalité allemande et des milliers d'autres avec une autre nationalité, c'est à un citoyen néerlandais que les autorités ont demandé de témoigner.

« L'Histoire se répète »
Zoni Weisz, 73 ans, des sanglots dans la voix, a raconté l'histoire de son père, de sa mère, de ses soeurs et de son frère, déportés à Auschwitz comme tous les Roms néerlandais en mai 1944. Aucun ne survécut. C'est grâce à la complicité d'un policier néerlandais que Zoni Weisz a pu s'échapper au dernier moment. Devenu fleuriste à la cour royale des Pays-Bas, il a toujours milité pour la reconnaissance du génocide des Roms.

Devant une assistance extrêmement attentive - certains députés avaient du mal à cacher leur émotion -, Zoni Weisz ne s'est pas contenté de parler du passé, mais a dénoncé la situation dont sont à nouveau victimes les Roms en Europe. Il y avait été encouragé par le président du Bundestag, Norbert Lammert qui, en introduction, a indiqué que « la plus grande minorité d'Europe est discriminée ».

Zoni Weisz a affirmé que « l'Histoire se répète », que des restaurants affichent à nouveau des panneaux « Interdit aux Tziganes ». « Sintis et Roms sont traités de manière indigne, en particulier dans bien des pays d'Europe de l'Est, telle la Roumanie ou la Bulgarie », a-t-il dénoncé.

Il s'en est pris également à la France : « Dans certains pays, comme l'Italie et la France, on est à nouveau discriminés, expulsés et on vit dans des ghettos dans des conditions inhumaines. » Pourtant, a-t-il rappelé, « ces hommes sont des habitants de pays membres de l'Union européenne. Ils devraient donc avoir les mêmes droits ».

A la fin de son discours, Zoni Weisz fut longuement applaudi par l'ensemble des députés, debout.

jeudi 20 janvier 2011

Collectif de soutien aux familles rroms de Roumanie

34 rue Claude Bénard, 95610 Éragny sur Oise

Le 20 janvier 2011

La Lettre du collectif N°55


Roms en Val d'Oise : à Sarcelles, une situation exceptionnelle.

Cela s'est passé mois après mois. Lentement. À présent, un terrain qui était destiné à implanter une aire d'accueil et de stationnement, fermée depuis le 4 février 2002, est devenu un vaste bidonville. Des Roms y vivent sans caravanes, dans des habitats très précaires, mais disposent de l'eau et l'électricité antérieurement installées.

Gabie et ses amis à Sarcelles

La Communauté d'agglomération du Val de France dont Didier Vaillant, maire de Villiers le Bel est le président, assignait, hier, devant le Tribunal de Grande instance de Pontoise, 21 personnes nommément désignées. On vise à faire partir, en fait, plus de 500 personnes, « tous les occupants des lieux ». À eux seuls, une cinquantaine d'enfants de six à douze ans, et évidemment pas tous, sont scolarisés dans les camions-écoles de l'ASET. Et c'est sans compter aussi les enfants d'âge maternel ni les adolescents...

L'avocat des Roms, M° Cédric Lemoine, a demandé, et obtenu, le report de l'audience du 19 janvier au 16 février, pour assurer convenablement la défense des familles menacées d'expulsion et afin que l'examen de cette situation sans équivalent puisse être effectué avant tout jugement.

Il y a lieu, en effet, de s'interroger sur les conséquences que pourrait avoir une expulsion de pareille ampleur ! Il faudra bien qu'un jour ou l'autre, on mette en œuvre ce qu'exigeaient douze élus d'Ile de France, dont Didier Vaillant, responsable de la demande d'expulsion : « Nous savons qu'avec une véritable solidarité régionale, nationale et européenne, il est tout à fait possible d'accueillir dignement ces femmes, hommes et enfants, citoyens européens qui, rappelons le, ne seront plus sous le coup des mesures transitoires qui restreignent aujourd'hui leur accès au marché du travail, au plus tard fin 2013, d'autant qu'il est dans les prérogatives des Préfets de déroger plus favorablement à ces mesures ». On ne peut mieux dire !

Il est temps que les élus, quelle que soit leur appartenance politique, mettent leurs paroles en actes. L'occasion en est fournie à Sarcelles. Car il y a là une situation exceptionnelle, nouvelle, qu'il convient d'aborder avec précaution et détermination.

Elle se caractérise ainsi :

Il ne s'agit plus d'un campement de caravanes mais d'un bidonville géant, le plus vaste regroupement de familles Roms qu'ait jamais connu le département. Jeter à la rue des centaines de personnes est inconcevable et aurait des effets désastreux sur les communes voisines, y compris celles qui ont fait des efforts ou qui supportent déjà la présence d'autres familles.

Ce rassemblement est le résultat des déplacements contraints qui se sont produits dans le département voisin de Seine Saint Denis et révèle que les expulsions multipliées ne font que déplacer les difficultés d'accueil de populations qui, de toute façon, ne quitteront plus la France. C'est la démonstration, hélas par l'absurde, de l'échec de la politique annoncée l'été dernier qui a fait souffrir les Roms sans les amener à s'éloigner de ce « morceau d'Europe » où ils sont chez eux !

C'est la première fois, sans doute, en France, qu'un emplacement réservé à des « gens du voyage » (encore une fois, une expression administrative officielle sans contenu ! ), qu'une « aire d'accueil et de stationnement » (sic), prévue et installée pour une population française, les « Roms de France », se trouve, après son abandon, utilisée par des étrangers : des « Roms en France » !

Ce terrain public, appartenant à un organisme public, est donc disponible.

Le Val d'Oise, à la différence de la Seine Saint Denis, ne compte aucun « village d'insertion », comme c'est le cas à Aubervilliers ou à Montreuil, par exemple. Même si ce n'est pas une solution incritiquable, c'en est une ! Le Président de la Communauté d'Agglomération du Val de France peut, à ce sujet, demander conseil à ses collègues co-signataires de l'Appel au Premier ministre du 3 septembre 2010.

http://www.mediapart.fr/club/edition/les-invites-de-mediapart/article/030910/avec-une-solidarite-regionale-nationale-et-euro

L'absence de volonté politique atteint, ici, sa limite, ou plus exactement, la volonté politique de laisser une question majeure aux conséquences sanitaires, humanitaires, sans solution, révèle une impuissance qui, à Sarcelles comme ailleurs, signifie que l'on va laisser pourrir une situation suceptible d'engendrer, à court et moyen terme, l'insécurité dont on veut de prémunir. En outre, cette hypocrite affirmation selon laquelle « on ne veut pas stigmatiser les Roms » tout en les chassant « des terrains qui ne leur appartiennent pas », au nom de « l'État de droit » a quelque chose de malsain (1). En appeler à la loi pour mettre dehors une population qui ne saura où aller vivre (et qui est sans défense autre que celle de chercher où reconstruire des masures et cabanes dans une nouvelle illégalité) est un mépris de la misère insupportable et donc condamnable. On est là fort loin de tout « socialisme » !

  1. Voir Le Parisien du 19-01-2011, édition du Val d'Oise, Sarcelles, le sort du bidonville géant au Tribunal, page III.


Nous sommes décidés à mettre en évidence ce « cas de Sarcelles » et nous ne lâcherons rien ! Nous n'ignorons aucune des difficultés auxquelles les élus ont à faire face ! Nous aimerions, pourtant qu'au lieu d'avoir à polémiquer, à cause de cette romaphobie de fait qui vient s'ajouter, en Val d'Oise, en pleine période électorale cantonale, à la politique d'État anti-Roms, (qui n'a pas cessé, depuis l'été passé !), nous changions tous d'état d'esprit et nous nous attelions, ensemble, à chercher des solutions socialement acceptables !

http://www.lyoncapitale.fr/var/plain_site/storage/images/journal/univers/actualite/divers/deuxieme-bidonville-roms-chasse-par-le-prefet/274763-1-fre-FR/Deuxieme-bidonville-Roms-chasse-par-le-prefet_large.jpg



dimanche 2 janvier 2011

La loi LOPPSI 2 votée : répression, exclusion, stigmatisation

dimanche 2 janvier 2011

Voici une analyse simple et claire. Nous sommes loin du "temps des cerises", même si en rêver réconforte encore! Nous entrons même dans l'espace des tempêtes sociales. Car ce qu'annonce ce texte, c'est la guerre faite aux humbles. S'agissant des Rroms, c'est bel et bien la politique annoncée en juillet 2010 qui s'exécute. Il ne s'agit plus seulement de protester. Il va falloir résister. Et ce sera dur...

Loppsi 2 : répression, exclusion, stigmatisation
(Chronique France Culture)

Par Clémentine Autain

http://www.altermonde-sans-frontiere.com/spip.php?article15558

Les sénateurs avaient un peu renâclé, les députés ont confirmé. La LOPPSI 2, loi d’orientation et de programmation sur la performance de la sécurité intérieure, vient d’être adoptée en deuxième lecture à l’Assemblée nationale. « Un fourrre-tout juridique », dénoncent en chœur ses détracteurs. Mais avec une véritable cohérence de fond. Ce texte est la traduction législative du discours ultra-sécuritaire de Grenoble prononcé par le Président de la République, en juillet dernier. Avec 46 articles qui touchent à des domaines très variés, il s’agit de favoriser une société dans laquelle la suspicion et la répression prennent le pas sur la prévention et l’accompagnement social.

Concrètement, que trouve-t-on dans cette LOPPSI 2 ? Le renforcement de la vidéosurveillance, malignement rebaptisée en « vidéoprotection ». Son utilisation devrait ainsi rapidement tripler. Les préfets pourront l’utiliser même si les communes y sont opposées. La vidéo pourra suivre le parcours des manifestations. Un article vise également à recodifier et à adapter les fichiers dits « d’antécédents » utilisés par la police et la gendarmerie, qui contiennent des informations à caractère personnel sur la majorité des suspects, même mineurs. Créatif, le projet de loi invente par ailleurs, côté suspicion, le dépistage contraint (une prise de sang pourra être exigée dans certains cas) et, côté sanction, les peines planchers dès la première infraction. Davantage relayée dans les médias, pour ses airs de double peine, une disposition vise à étendre la liste des motifs de déchéance de la nationalité française aux condamnés naturalisés depuis moins de dix ans.

En outre, les préfets pourront recourir au « couvre-feu » de 23h à 6h du matin pour les moins de 13 ans. Et une procédure de type comparution immédiate devant un tribunal pour enfant est créée. La LOPPSI 2 touche également à Internet, espace de liberté s’il en était. Un délit d’usurpation d’identité sur le Net est créé. Enfin, l’article 32 ter a fait bondir les défenseurs du droit au logement. Il favorise les expulsions locatives et l’évacuation des campements. Les squatteurs pourront être expulsés sous 48H sur décision du préfet et sans passer par le juge. De quoi stigmatiser certaines populations, comme les Roms, et accabler les personnes les plus gravement touchées par la crise du logement. Last but not least.

J’ai aussi retenu de cette LOPPSI 2 une mesure toute symbolique : la privatisation des missions de sécurité devrait s’accentuer. D’ici à quelques années, rapporte le journal Le Monde, les effectifs sécuritaires du privé pourraient être supérieurs à ceux de la police et de la gendarmerie. Nous y voilà : la cohérence est d’ensemble. L’État conforte la logique libérale sur le plan social et économique : moins de service public, plus de précarité et de flexibilité, des marchés financiers qui peuvent nuire tranquille. Et pour marquer son autorité, l’État renforce le contrôle social. La LOPPSI 2 est la 16ème loi en 8 ans sur la sécurité. Une obsession qui produit peu de résultats sur les chiffres de la délinquance, notamment les plus graves et à l’encontre des personnes, mais accroît la stigmatisation, la logique de sanction, la pénalisation des rapports sociaux et favorise le recul des libertés.

Contre tous ceux qui alimentent la spéculation financière et génèrent le désordre socio-économique, il n’est pas question de rappel à l’ordre ni de sanction, un « message de fermeté » pour reprendre l’expression de Jacques-Alain Bénisti de l’UMP dans son explication de vote en faveur de la LOPPSI 2. Ce serait voir le monde dans un tout autre sens, avec moins de contrôle de nos libertés mais plus de protection et de justice sociale.


Django, reviens, ils sont devenus fous !