samedi 5 mai 2012

Les présidentielles 2012 vues par Alexandre Romanès




Alexandre Romanès en a gros sur le cœur. Ça déborde. Il déballe tout ce qui l'a blessé au cours du quinquennat qui s'achève. Le texte est long mais édifiant. La critique politique est féroce. Il faut lire ce pamphlet qu'on l'approuve en entier ou pas. Merci à Médiapart d'avoir recueilli ce témoignage. Que ce document sorte le 6 mai 2012 n'est pas non plus indifférent...

Les riches, c’est une évidence, n’ont pas vraiment le sens du partage.

Mais dans mon enfance, pour la plupart d’entre eux, ils avaient la décence de ne pas étaler leurs richesses.

Aujourd’hui, ils sont fiers d’exhiber leurs belles voitures, leurs beaux vêtements, leurs belles montres et leurs femmes toujours jeunes et belles. Car tous les jours, on nous rabat les oreilles avec la puissance, la richesse et le vedettariat. Tout est fait pour que les pauvres, les ignorants et les faibles deviennent fous.

Le changement d’équipe gouvernementale est souhaitable mais ça ne changera pas grand-chose car le mal est profond.

Une petite fille est arrachée à sa famille d’accueil pour exécuter une loi stupide comme la plupart des lois de ce pays. Les chaussures de l’armée française étaient fabriquées dans une petite entreprise en Mayenne, le ministre Hervé Morin en a décidé autrement, maintenant elles sont fabriquées en Tunisie. Parce que des gamins avaient sifflé la Marseillaise dans un stade, Madame le ministre voulait faire voter une loi, et personne pour lui dire: «Madame Alliot-Marie, quand vous aviez 14-15 ans, est-ce que vous faisiez tout bien ?» Et tous ces gens de gauche et de droite offusqués, parce qu’une centaine de musulmans prient dans la rue, quelle affaire! Les rabbins et les prêtres en rêvent, ce serait la preuve que leurs temples débordent. Je demande à un général: «Un pays qui a des dizaines de réacteurs nucléaires, est-ce défendable ?» Sans hésiter, il me répond: «La France n’aurait qu’une centrale nucléaire qu’elle serait déjà indéfendable».

Tous les jours on nous parle de sécurité. On nous dit qu’il y a trop de morts sur les routes françaises, et c’est vrai, mais où est la cohérence: puisque les autoroutes sont les plus sûres, pourquoi sont-elles payantes? De plus en plus d’automobilistes ne les prennent plus, faute d’argent.

Longtemps, je n’ai pas mesuré l’impact diabolique des programmes de télévision sur les plus nombreux ; c’est-à-dire la jeunesse et les faibles, car si la morale et le goût se sont effondrés dans ce pays, bien aidés par la publicité et la mode, ils y sont pour beaucoup ! De quel droit le pouvoir s’autorise à décider de tout ? Est-ce que les Français votent pour que ces gens décident qui aura le droit de s’exprimer sur les chaînes de télévision ?

La France possède trois assemblées importantes : l’Assemblée nationale –des millions d’hommes et de femmes n’y sont pas représentés mais ce n’est pas grave, ils ont même un argument pour ça. Il y a aussi le Sénat et les chaînes de télévision. Si on croit ce que nous dit cette dernière assemblée, la France c’est trois cents personnes, pas une de plus.

Si ces trois cents hommes et femmes disaient des choses que l’on entend pas à tous les coins de rue, ce serait déjà bien –mais trois cents personnes qui disent toutes la même chose ou qui ne disent rien.
Ils se gargarisent avec l’appellation «Démocratie». Il n’y a aucun risque qu’ils nous disent que la démocratie française est atrophiée, car elle n’empêche ni les injustices, ni les guerres, ni un homme malveillant de conquérir le pouvoir et d’utiliser des moyens illégaux pour le garder.

Pour avoir le droit de se présenter à une élection présidentielle, il faut avoir 500 signatures d’élus. Pourquoi pas cinq mille? Cette exigence n’est pas faite pour éliminer les incapables, car dans tous les gouvernements il y en a. Si Arthur Rimbaud avait dû avoir 500 signatures de la part des lettrés pour publier, il ne les aurait pas eues, d’ailleurs il a publié à compte d’auteur. Pareil pour le Christ avec les religieux, Marine Le Pen, Nicolas Dupont-Aignan, Dominique de Villepin, Corinne Lepage, Nathalie Arthaud, Philippe Poutou ne sont pas des petits candidats car des millions d’hommes et de femmes les connaissent. Cette tracasserie administrative n’est qu’un moyen de plus pour garder le pouvoir, comme la notation des juges.

Bien sûr, Nicolas Sarkozy n’a pas rétabli le supplice de la roue ou de la peine de mort. Aujourd’hui, c’est plus subtil, plus feutré, d’où l’importance des programmes de télévision, un soutien inespéré, un formidable anesthésiant.

Car si les gros bataillons qui votent ont un jugement atrophié, c’est une aubaine pour le pouvoir. A l'interpellation d'un journaliste au poète Jean Genet: «Le Président Valéry Giscard d’Estaing vient d’être battu. La droite est désespérée d’avoir perdu le pouvoir», Jean Genet a répondu: «Non, la droite n’est pas désespérée d’avoir perdu le pouvoir, la droite est désespérée d’avoir perdu le contrôle des affaires». Jean Genet a refusé toutes les interviews sur les chaînes de télévision françaises sous prétexte qu’il ne pourrait pas s’exprimer librement.

Que les programmes de télévision tirent l’humanité toute entière par le bas, en aparté, tous les gens raisonnables sont d’accord avec ce jugement. Car, dans toute l’histoire de l’humanité, jamais une machine n’avait mis autant de mensonges, de vulgarité et d’abrutis sur un piédestal.

Michel Drucker consacre un dimanche après-midi à la musique tzigane. Il a trois invités: un Normand, un Breton et un Marocain. Peut-on sérieusement imaginer une émission consacrée à la musique celtique avec pour seuls invités: un Corse, un Alsacien et un Catalan?

Patrick Sébastien programme une soirée de musique gitane. Lors de la semaine de l’enregistrement, il y avait au théâtre des Bouffes du Nord, le remarquable Titi Robin avec son ensemble de musique gitane, superbement ignoré par le présentateur toujours prêt à dénoncer haut et fort les incohérences de la société.

Quand Charles Pasqua était ministre, il voulait supprimer Arte prétextant qu’il n’y avait pas assez d’audience. Il faut croire qu’en France, il n’y avait pas assez d’abrutis, il fallait qu’il y en ait plus. Dans ses premières années d’existence, Arte proposait parfois des soirées intéressantes, mais aujourd’hui, si Arte disparaissait, cela ne serait pas une grande perte.

Le présentateur Laurent Ruquier pose la question à un cinéaste: «Hein, hein, nous vivons une époque merveilleuse car en France il n’y a plus de censure».

Le cinéaste: «Les films qui disent quelque chose n’ont pas de financement».
Si des cinéastes comme Akira Kurosawa, Carl Theodor Dreyer ou Ingmar Bergman avaient vingt ans aujourd’hui, je ne prends pas beaucoup de risques en disant qu’ils n’iraient probablement pas vers le cinéma français.

Nicolas Sarkozy entre dans le palais de l’Elysée, comme par hasard l’émission «Arrêt sur images» n’a plus d’images. Frédéric Taddeï avait l’intelligence et la force d’inviter des hommes et des femmes qu’on ne voyait jamais sur les plateaux de télévision. La sympathique comédienne Miou-Miou, pleine de candeur: «Je ne comprends pas pourquoi je suis là car je n’ai rien à dire». La pauvre n’a pas compris que c’est parce qu’elle n’a rien a dire, qu’elle est là. Frédéric Taddeï n’a plus qu’une émission par semaine.

Grâce à cinq ou six rescapés du sarkozisme, de la trempe d’Emmanuel Todd, le pouvoir peut bien continuer à faire croire aux Français et au monde que sur les chaînes de télévision française la parole est libre.

Je salue Philippe Caubère. Son passage sur une chaîne de télévision a certainement été une erreur de programmation. Il voulait prendre un gars parmi les trois cents et, par erreur, c’est le nom de ce comédien exceptionnel qui est sorti. Il a osé choquer les braves gens, comme aurait dit Georges Brassens « les dragons de vertu », en disant qu’il allait voir les prostituées et que supprimer la prostitution, c’était une bêtise. Et il ajoute: «S’ils veulent vraiment supprimer la prostitution, qu’ils commencent par supprimer la misère et qu’ils donnent du travail à tout le monde. Et pas à payer avec un salaire de misère, car la vie est chère en France». 

Philippe Sollers, grand écrivain: si son attaché de presse perd la vie, à la seconde même, il n’existe plus –il met sur un piédestal un écrivain new-yorkais nullissime et lui, qui est publié et qui a un bureau chez Gallimard, il ignore, comme les soit disantes émissions littéraires sur les chaînes de télévision, l’exceptionnelle poétesse Lydie Dattas, publiée elle aussi chez Gallimard. La maison Gallimard est bien défendue.

L’émission «Apostrophes» est considérée encore aujourd’hui comme la reine des émissions littéraires. Bernard Pivot a donné trois minutes au milieu d’autres invités à l’immense poète Jean Grosjean –40 recueils de poèmes magnifiques aux éditions Gallimard– mais il a invité des dizaines de fois les mêmes imbéciles. Et quelquefois, ils sont seuls sur le plateau.

Jean Grosjean savait tout sur les Juifs et les Arabes car il aimait beaucoup ces deux peuples. Malgré un conflit israélo-arabe qui dure depuis des années, il n’a jamais été invité sur un plateau de télévision pour donner son avis.

Je salue le sage Stéphane Hessel qui a refusé plusieurs émissions. Je suppose qu’il n’a pas voulu être au centre de la fête foraine! Je connais des dizaines d’hommes et de femmes remarquables qui auraient beaucoup à dire. A la question que j’ai posé au sage Pierre Rabhi concernant les responsables politiques, sa réponse était sans équivoque: «ce sont des crétins».

Arno Klarsfeld, conseiller du président de la République nous dit dans l’émission de Thierry Ardisson «A nous les terriens»: «les Tziganes, des mendiants, des voleurs, des prostitués car ils n’ont pas d’élites.»

Si les élites sont des hommes ivres de haine et d’ambition, nous nous en passerons.

Après son brillant exposé pour plaire à ce qu’il y a de pire dans la société, Thierry Ardisson prend le relais et questionne un jeune tzigane incapable d’éviter.

Pour s’attaquer à un pauvre, il faut être au degré zéro de la morale.

Quand Arno Klarsfeld dit: «ils n’ont pas d’élite». S'il avait eu en face de lui Henriette Asséo, elle n’en aurait fait qu’une bouchée, comme je l’ai fait moi même dans l’émission «Café Picouly», enfin quelqu’un de propre. J’aimerai bien ne serait-ce qu’une fois entendre les conseils qu’il donne au président de la République, ça ne doit pas être triste. A part faire la nouba dans les boîtes de nuit et boire des coups, je ne vois pas ce qu’il peut lui apporter.

La France existe à peu près depuis mille ans. Depuis sa naissance elle est en guerre, mais qui veut la guerre? Les ouvriers, les employés de bureau, les femmes de ménage, les chauffeurs de taxi. A qui profitent ces guerres? Par curiosité, ce serait intéressant de calculer combien de générations de Français n’ont pas connu la guerre.

Nicolas Sarkozy était pour la guerre en Irak, mais à l’époque il ne décidait pas. Il a dû attendre d’être président de la République pour satisfaire son instinct de mort. Il avait promis de retirer les soldats français de l’Afghanistan. Il a augmenté les contingents et a donné deux guerres de plus à la France.
Loin d’être désespéré de tout ce sang versé, de tous ces estropiés, de tous ces orphelins; dans un salon près des Champs-Elysées, un verre de champagne à la main, il se pavane au milieu de soi-disant amis. Il nous explique que ces quelques guerres étaient nécessaires comme d’expulser les Tziganes installés en France. Qu’est ce qu’il ne ferait pas pour attirer les électeurs du Front National? Puisqu’il affirme haut et fort qu’il décide de tout depuis cinq ans, il n’est pas exagéré de lui attribuer ces massacres et de dire qu’il a rejoint les plus grands criminels. Mais le parfum nauséabond n’est pas seulement reconnaissable à droite, il peut aussi se retrouver à gauche.

Comme le dit Thierry Lévy, avocat plein de bon sens, «le populisme a quelque chose de rigolo mais quand ces gens arrivent au pouvoir, ils ne sont plus rigolos du tout».

Depuis longtemps déjà, la France est bombardée de lois. Le code civil est complètement fou, plus personne ne s’y retrouve. Ils continuent de voter des lois de folie et, comme elles sont inapplicables, à moins d’être un très grand contorsionniste, on vous tape sur les doigts en vous disant: «vous n’avez pas respecté la loi». Ghandi, qui n’était pas un dangereux révolutionnaire, disait: «quand une loi n’est pas respectable, je ne la respecte pas».

Les lois ont été faites pour protéger, pas pour écraser et empêcher de vivre. Avec toutes ces lois, les hommes et les femmes de ce pays devraient nager dans le bonheur. On en est loin.
Puisqu’on nous impose de vivre dans un océan de lois, une de plus ne changera rien, il serait sage d’en voter une qui interdise aux hommes et aux femmes de triturer du papier dans les bureaux du matin jusqu’au soir.

Xavier Bertrand, ministre de la Santé, veut remettre de l’ordre dans la monstrueuse industrie du médicament, je lui souhaite bien du plaisir.

Tous les jours, ils envoient les CRS pour taper sur les Tziganes qui viennent de l’Est européen et sur des ouvriers qui se battent pour essayer de garder leur instrument de travail; ils feraient mieux d’envoyer les CRS autour des supermarchés pour en interdire l’accès. Car la plupart des aliments qu’ils nous vendent sont trempés dans du poison et, en plus, ils sont chers.

Les centrales nucléaires aussi, c’est du poison; elles n’auraient jamais dû être construites.
Les hommes et les femmes de ce pays ont un besoin urgent d’être aimés. Ils n’ont pas besoin d’être dirigés par des gens ivres de pouvoir et qui ont une calculette à la place du cœur.

Madame Parisot nous dit: «les patrons du CAC 40 vont finir par quitter la France». Quelle perte! Qu’ils s’en aillent.

Dans chaque entreprise du CAC 40, il y a des dizaines d’hommes et de femmes meilleurs qu’eux qui feraient mieux marcher l’entreprise, pour un salaire non obscène. Comme le dit l’écrivain Ernst Jünger, «quand l’époque est pourrie, il faut se mettre à l’écart».

Mais où faut-il aller pour échapper au nucléaire et à l’extrême droite?

Dans la surenchère démagogique, Marine Le Pen ne donne pas sa part au chien. Elle est plus dangereuse que son père. Elle est moins lourde, plus habile, mais pas plus humaine. Concernant l’intervention militaire de la France en Libye, elle ironise sur la dépense mais pas un mot sur les milliers de morts, après tout ce ne sont que des Arabes. Mais elle a de la tendresse pour Vladimir Poutine, un homme couvert du sang des Tchétchènes et des Russes. Avec l’extrême droite, c’est toujours la même histoire qui recommence, les hommes et les femmes ne comptent pas; ce qui compte, c’est la grandeur du pays et sa force. Les Tchétchènes ne sont qu’un petit peuple sur un petit territoire, rien à voir avec l’ogre russe.

Nos dirigeants s’offrent des sondages coûteux avec notre argent pour savoir si les risettes et la danse du ventre qu’ils nous font servent efficacement leurs ambitions.

Très utile aussi le secret défense, car il se l’accorde généreusement. Il disait l’Afrique n’est pas encore entrée dans l’histoire, je lui laisse son appréciation. Ce pauvre homme est tellement ignorant. Une chose est sûre, ce que la France a fait à l’Afrique et qu’elle continue de faire, les Africains ne sont pas près de l’oublier.

Il paraît qu’il a de l’énergie à revendre, peut-être, mais si c’est vrai, quel gâchis, car il ne sait pas où il va.

Au lieu de tout faire pour augmenter les libertés, réduire les injustices et stopper l’immense dégradation morale, il l’encourage. Il apporte sa pierre à l’édifice.

L’admiration qu’il porte aux riches, aux puissants et aux vedettes nous montre une misère morale. Au palais de l’Elysée, il organise des fiestas pour ses amis vedettes presque tous fiscalement domiciliés à l’étranger. Pour Nicolas Sarkozy, le palais de l’Elysée aura surtout été un marchepied pour avoir plus, comme le stade de France pour Johnny Halliday. Apparemment, ces deux hommes ne savent pas que d’un point de vue moral, le palais de l’Elysée et le stade de France, ce n’est rien du tout.

Les tribus tziganes et gitanes sont des sociétés matriarcales. Nous avons une médecine qui guérit presque tous les cancers. L’égalité entre hommes et femmes, nous l’avons réalisée dans la nuit des temps. Le travail nous intéresse si c’est un plaisir, autrement nous n’en voulons pas. L’école de la République devrait être un plaisir aussi, nous n’en voulons pas non plus car les cours sont trop longs et souvent trop bébêtes.

Nous enverrons nos enfants à l’école quand les vôtres s'y rendront en chantant. Ce n’est pas pour demain.

Pour ce qui est de la réussite sociale, nous n’en voulons pas non plus car, dans la vie, il y a mieux à faire. La mode des tissus coupés en quatre pour le déguisement, les compétitions comme la guerre réunissent tout ce qui est détestable, une honte pour le genre humain.

Nos origines indiennes sont lointaines. Depuis longtemps déjà, nous sommes un peuple européen. Ce serait bien que l’on arrête de nous faire subir un traitement que l’on n’oserait pas imposer à un chien. Dans l’Est européen, nous sommes tués dans la rue, nos filles de quatorze ans sont stérilisées de force et il est impossible de trouver du travail. A qui peut-on faire croire que les dix ou douze mille Tziganes, chiffres officiels, qui viennent de l’Est européen, c’est un problème pour la France.

En France, nous les Tziganes français, nous ne pouvons plus voyager. Nous sommes parqués dans ce qu’ils appellent pudiquement des aires de stationnement et nous sommes montrés du doigt. Ils s’imaginent peut-être que l’on peut tracter des caravanes de 3 tonnes avec une Clio.

Depuis quand le gars de l’Elysée est contre les belles voitures, les beaux vêtements et les belles montres. Ce monsieur a été pendant cinq ans la vedette d’une histoire pitoyable, il ne sait pas qu’il peut y avoir de la noblesse à perdre une élection. Noblesse, un mot hors de son entendement.
Je me demande aussi ce qui pousse un homme dans la force de l’âge et normalement constitué à rechercher en priorité les massacres, l’injustice et la pacotille et à nous obliger, nous les Tziganes, à danser la danse du diable. Malheureusement, je n’ai pas la réponse.

Qui sait peut-être que l’humain est tout simplement inachevé.

http://blogs.mediapart.fr/edition/les-invites-de-mediapart/article/050512/je-prefere-les-roses-la-patrie

samedi 31 mars 2012

Une jeune Rom meilleure apprentie de France

Voilà de quoi se réjouir et de quoi s'agacer, tout à la fois ! Si c'est possible, il faut reconnaître la place des Roms dans la formation et les métiers, en France. Si ce n'est qu'exception, nous donnant bonne conscience, il faut admettre que les Roms sont en général incapables de succès, sauf... Et ça, c'est insupportable.

Une jeune Rom sans papiers 

sacrée meilleure apprentie de France

Cristina Dimitru (c), meilleure apprentie de France, avec son père (d) et Christophe Sauve (g), prêtre des gens du voyage, le 29 mars 2012 au Sénat à Paris
Cristina Dimitru, meilleure apprentie de France,
 avec son père et Christophe Sauvé, prêtre des gens du voyage, le 29 mars 2012 au Sénat à Paris

En décrochant la médaille d'or 2012, Cristina Dimitru marche dans les pas de Linda Mihai, une jeune Rom elle aussi distinguée l'année passée.

Pour la deuxième année consécutive le concours des meilleurs apprentis de France a distingué une jeune femme d'origine rom, Cristina Dimitru, qui remporte la médaille d'or un an après Linda Mihai, dont l'histoire emblématique avait été rendue publique en décembre 2011.

Cristina, 18 ans, qui a passé plus de 18 mois dans une caravane sans eau ni électricité après son arrivée à Nantes en 2005 avec sa famille, avant de pouvoir accéder à des conditions de vie moins rudes, a reçu sa médaille jeudi sous les ors du Sénat à Paris, où se déroulait la remise des prix.

Mais comme Linda Mihai, 21 ans qui était lauréate du concours 2010, en catégorie «pressing» également, à l'heure où elle est distinguée parmi les meilleurs apprentis de France, Cristina n'a pas de papiers. «Même si j'ai beaucoup travaillé, je ne peux pas trouver un travail, ou passer mon permis, ou demander une bourse pour m'inscrire en Bac professionnel», a-t-elle regretté.

Les demandes de régularisation de la famille de Cristina, pourtant insérée - les deux parents travaillant comme saisonniers dans des entreprises de maraichage, et aujourd'hui logés dans un appartement -, ont toutes été rejetées depuis leur arrivée.

Malgré deux ans d'interruption de scolarité, de 2005 à 2007, le temps d'apprendre la langue et surtout d'être dans des conditions matérielles permettant de suivre une scolarité, Cristina a brûlé les étapes et elle a repris directement en 4ème en 2007.

 

«Une envie d'insertion très forte»

Au Lycée professionnel Leonard de Vinci de Nantes, où elle a obtenu en juin 2011 son CAP et qui l'a présentée au concours des meilleurs apprentis de France à l'automne 2011, elle impressionne. «C'est une jeune femme extrêmement volontaire, qui a une envie d'insertion très forte», estime la proviseure du Lycée Florine Durand. «A tel point qu'après son CAP de pressing en juin dernier nous l'avons autorisée cette année à poursuivre en validant son CAP de vente.»

«Il faut relever aussi l'adhésion de la famille de Cristina qui a bien voulu qu'une jeune fille de cette culture puisse avoir ce diplôme et son indépendance», a également souligné Mme Durand.

Cristina a eu 18 ans en décembre et le député socialiste de Loire-Atlantique Dominique Raimbourg, touché par sa détermination, a refait un dossier de demande de permis de séjour pour elle et sa famille fin janvier 2012. «Depuis, plus aucune nouvelle», a-t-il regretté jeudi.

La préfecture de Loire-Atlantique indiquait jeudi matin faire le point sur le dossier.

Début décembre, la lauréate du concours des apprentis 2010, Linda Mihai, avait obtenu son titre de séjour à quelques jours de Noël. Cristina voudrait bien, elle aussi, avoir un tel cadeau, pour Pâques.
(AFP)

lundi 27 février 2012

Les droits de l’homme des Roms et des "Gens du voyage" en Europe

http://www.coe.int/t/commissioner/News/2012/120227RomaReport_fr.asp


Les Roms et les Gens du voyage subissent un racisme flagrant dans l’Europe d’aujourd'hui


Bruxelles, 27/02/12  – « Dans nombre de pays européens, les Roms et les Gens du voyage sont toujours privés de droits de l’homme essentiels et souffrent d’un racisme flagrant. Ils restent nettement défavorisés par rapport aux autres groupes en matière d’éducation, d’emploi, d’accès à un logement décent et de santé. Leur espérance de vie moyenne est plus courte et leurs taux de mortalité infantile sont plus élevés que ceux d’autres groupes », a déclaré le Commissaire aux droits de l’homme du Conseil de l’Europe, Thomas Hammarberg, en publiant aujourd’hui le rapport intitulé « Les droits de l’homme des Roms et des Gens du voyage en Europe ».

Ce rapport est le premier à donner un aperçu complet de la situation des droits de l’homme des Roms et des Gens du voyage dans les 47 États membres du Conseil de l’Europe. Les Roms et les communautés minoritaires apparentées constituent la minorité la plus nombreuse et la plus vulnérable d’Europe.



Il ressort du rapport que l’antitsiganisme continue d’être répandu. Des dirigeants publics, des médias et des groupes extrémistes actifs sur internet ont ouvertement tenu un discours de haine à l’encontre des Roms et des Gens du voyage. Dans certains cas, ces propos ont été interprétés comme un encouragement à des actes violents.

« Ce climat enferme les Roms et les Gens du voyage dans une logique d’inégalité, d’exclusion, de ségrégation et de marginalisation. Les élus doivent donner l’exemple en respectant et en défendant les droits de l’homme de chacun. »

Le rapport s’intéresse à des thèmes spécifiques, tels que l’antitsiganisme ; la violence raciste ; le comportement des forces de l’ordre et des autorités judiciaires ; les stérilisations forcées et le retrait d’enfants de la garde de leurs parents biologiques ; les droits économiques et sociaux ; l’apatridie et la liberté de circulation. Le rapport souligne également l’importance de développer la participation des Roms et des Gens du voyage à la vie publique et aux processus décisionnels.

« Le problème de l’apatridie et de l’absence de documents personnels, qui touche des milliers de Roms en Europe, est l’un de ceux qui appellent une action urgente et déterminée, car ces personnes sont privées de droits essentiels, tels que l’éducation, les soins de santé, l’assistance sociale et le droit de vote. »

Dans le rapport sont mentionnées un certain nombre de mesures concrètes qui pourraient être prises par les gouvernements ; par exemple, il serait souhaitable de donner à la police une formation ciblée pour prévenir les comportements répréhensibles, de mettre fin à la ségrégation dans le système scolaire et d’améliorer la qualité de l’enseignement dispensé aux enfants des communautés de Roms et de Gens du voyage. Le Commissaire recommande aussi de créer des « commissions de vérité » – une initiative qui, dans l’idéal, devrait être européenne – pour établir les faits historiques concernant les atrocités commises contre le peuple rom.

« J’espère que ce rapport favorisera un débat constructif sur les politiques à l’égard des Roms et des Gens du voyage en Europe et en particulier sur ce qu’il conviendrait de faire afin de mettre un terme à la discrimination et la marginalisation dont ils souffrent et de faciliter leur intégration sociale. »

Un résumé du rapport est également disponible en français et romani.

Lien vers la page web thématique du Commissaire sur les droits de l’homme des Roms et des Gens du voyage


mercredi 15 février 2012

Les Rroms ne voteraient pas Hollande

Les Rroms ne voteraient pas Hollande (ni Sarkozy !). Ils ne voteraient pas d'ailleurs. Ils n'en ont pas le droit. Ce droit ils l'auraient, pour les Européennes et les municipales, s'ils sont inscrits (on fera ce qu'il faut pour qu'ils ne l'obtiennent pas).

***

D'après Serge Guichard de l'Association de Solidarité en Essonne aux Familles Roms, Roumaines. ( Réseau Romeurope )

 
Serge Guichard

Vous pouvez regarder, en différé sur le site internet de canal+, l'émission Dimanche+ à laquelle était invité François Hollande dimanche 12 février. :
 http://www.canalplus.fr/c-infos-documentaires/pid3354-c-dimanche.html
Une fois passées les pub, vous pouvez accéder directement à la deuxième partie de l'émission  où François Hollande est interrogé sur le sujet des Rroms, après un court reportage à Marseille sur les destructions de bidonvilles et de squats.

En quelques mots et minutes tout est dit dans le reportage :
Le rappel du discours de Grenoble.
Les raisons économiques de cette migration
La réalité quant à ce qui se dit sur les "avantages sociaux"
Le sous-préfet, dont on pense que ce qu'il peut dire, hors caméra, doit être terrible.
Les duplicités d'élus de gauche...
Etc... Du bon travail de journaliste.

Mais... les réponses de Hollande, elles, sont moins appréciables et  même très inquiétantes.
Notamment quand il sous-entend qu'il pourrait agir pour limiter le droit de circulation  ! Je le cite texto : " l'origine du mal est de ne pas avoir fixé une règle européenne pour garder cette population où elle doit vivre; en Roumanie ". Hollande confirme dans la suite de l'interview que, pour lui, le problème provient de la "libre circulation des Rroms". Hollande imagine de limiter carrément le droit de circulation ! Sans doute cela est-il impossible d'ailleurs sur un plan juridique, Européen ! Mais peu importe...


Pressé par la journaliste qui lui demande ce qu'il faut faire, Hollande ajoute qu'il proposera d'établir des "camps" (comme il dit ) "de notre propre décision" (celle du gouvernement qu'il dirigera) pour éviter que.... "ces camps ne se fassent n'importe où, en l’occurrence à proximité des centre villes" !
 Avec François Hollande, y restera-t-elle ?

Pas un mot sur la misère en Roumanie, sur la détresse des populations, pas même un mot sur les grandes manifestations des Roumains contre les terribles politiques d'austérité ( les mêmes qu'en Grèce...), pas un mot sur les inadmissibles avenants aux accords de l'entrée de la Roumanie et de la Bulgarie dans l'Europe, pas un mot sur le risque de prolongation de ces accords.

Le pompon, c'est lorsque la maire PS du IIème arrondissement de Marseille est montrée en train de faire la fête avec des riverains heureux d'une expulsion... Prise la main dans le pot de confiture, la seule réaction de cette élue, est de dire que ce fut une erreur de fêter cela de cette manière, avec... le sous-préfet ! Questionnée par Anne-Sophie Lapix, Hollande se contentera de parler de... "regrettable erreur"... Terrible, angoissant....

On ne peut qu'espérer qu'il y aura des rectificatifs...

lundi 23 janvier 2012

Enfants étrangers retenus : la France condamnée



 

Plus qu’un blâme, la France se voit délivrer une injonction à propos de la détention des enfants dans les centres de rétention administrative !  C’est à une véritable mise en demeure de la France que vient de se livrer la Cour européenne des droits de l’Homme (CEDH), par son arrêt du 19 janvier 2012.

C’est une longue décision, comme cette haute juridiction qui veille au respect des droits de l’Homme de 800 millions d’européens dans les 47 États membres, ne manque pas d’en faire, et qui mérite d’être lue dans tous ses aspects (ici : Affaire Popov c. France).

En cause : l’État, pour avoir détenu des enfants dans des centres de rétention administrative (CRA) pour étrangers en séjour irrégulier sur notre territoire. Une famille originaire du Kazakhstan, résidant en France depuis 2003, composée des parents, d’une fillette de trois ans et d’un bébé, fut privée de liberté et placée durant quinze jours en 2007 dans un centre de rétention administrative, soi-disant «habilité à accueillir les familles», où l’on garde les «illégaux»... dans l’attente de leur expulsion.
Primo : la Cour constate d’abord que le placement d’enfants dans un CRA, outre l’inadéquation des lieux à leur accueil, était manifestement inadapté à leur âge et que «les conditions de vie ne pouvaient qu’engendrer pour eux une situation de stress et d’angoisse et avoir des conséquences particulièrement traumatisantes sur leur psychisme», eu égard à la forte présence policière, ajoutée à la détresse des parents. D’où, dit la Cour, les enfants ont été l’objet de traitements inhumains et dégradants.

Secondo : la loi française n’autorise pas l’éloignement forcé d’enfants du territoire. C’est dans la loi (ici et ici). Or ces enfants ont bien été détenus en vue de leur expulsion alors que la Convention européenne des droits l’Homme prévoit qu’il faut une loi pour qu’il en soit ainsi et que, de toute façon, s’agissant d’enfants, leur détention ne peut être qu’une «mesure en dernier ressort», comme l’exige la Convention des droits de l’enfant (art. 37). D’où, violation du droit à la liberté.

Tertio : la Convention européenne des droits de l’Homme prévoit que toute personne détenue doit être immédiatement présentée devant un juge. Or, comme l’administration entretient la fiction selon laquelle ces enfants sont «libres», qu’ils ne font qu’accompagner leurs parents, seuls ces derniers sont présentés devant le juge des libertés et de la détention, qui ne peut dès lors examiner la situation particulière des enfants, ceux-ci demeurant privés de liberté dans un «vide juridique». D’où violation du droit à un recours contre la mise en détention.

Quarto : Citons la Cour : «L’intérêt supérieur de l’enfant ne peut se limiter à maintenir l’unité familiale mais (…) les autorités doivent mettre en œuvre tous les moyens nécessaires afin de limiter autant que faire se peut la détention de familles accompagnées d’enfants et préserver effectivement le droit à une vie familiale. Aussi, en l’absence de tout élément permettant de soupçonner que la famille allait se soustraire aux autorités, la détention, pour une durée de quinze jours, dans un centre fermé, apparaît disproportionnée par rapport au but poursuivi». D’où violation du respect dû à la vie privée et familiale.
Déjà, en janvier 2007, la Belgique avait été condamnée par la CEDH pour les mêmes raisons (ici), et durant les cinq dernières années, le gouvernement français, comme l’autorité judiciaire, ont fait mine de ne rien comprendre, de ne rien y voir. La détention des familles dans les CRA n’a fait que s’accroître dans ce délai.
Il s’agit cette fois d’une ferme et précise remise en cause de la politique française d’éloignement des familles avec enfants, et de l’obsession du chiffre qui guide l’action gouvernementale, faisant fi des drames humains qu’elle
peut engendrer.
C’est aussi un avertissement, et même une mise en demeure aux cours et tribunaux régulièrement interpellés sur la question de la détention des enfants migrants. La Cour de cassation, qui prétend désormais que les États «sont tenus de respecter les décisions de la Cour européenne des droits de l’homme» (ici), va devoir changer sa jurisprudence, elle qui affirmait encore en 2009, pour censurer les cours d’appel qui avaient décidé de libérer les familles avec enfants, que leurs décisions reposaient «sur des motifs impropres à caractériser, en l'espèce, un traitement inhumain ou dégradant» (ici).

Cette fois, nos hautes juridictions nationales ne pourront plus y échapper, ni même le ministère de l’intérieur : la CEDH a repris les mêmes motifs que les cours d’appel précitées, s’est appuyée notamment sur les rapports de la CIMADE, de la Défenseure des enfants, de la Commission nationale de déontologie et de sécurité (toutes deux aujourd’hui dissoutes dans le Défenseur des droits), du Commissaire aux droits de l’Homme du Conseil de l’Europe, du Comité européen contre la torture, des recommandations du Haut commissariat aux réfugiés, pour affirmer, in concreto, comme in abstracto : «Non ! Ça ne peut pas aller comme ça ! Ces enfants ne peuvent pas être détenus pour ces raisons, de cette manière; il y a de la souffrance; il y a pourtant des alternatives. Et si vous avez éventuellement le droit d’éloigner ces familles, vous devez tout d’abord veiller, dans l’intérêt supérieur des enfants, à les protéger, à ce que leur cause soit entendue, à rechercher leur bien-être… et à respecter autant que faire se peut l’unité familiale».
Désormais, comme Serge Portelli le déclarait il y a peu : «Le droit est en train de changer, ce qui peut permettre aux enfants d’espérer (…) Le Conseil constitutionnel a également fini par critiquer la garde à vue, et puis, dans son courage exemplaire, la Cour de cassation, en dernier. Il ne faut donc jamais désespérer de cette haute juridiction française» (ici).

C’était le 14 mai dernier, au cours du Procès de l’enfermement des enfants étrangers que DEI-France a organisé avec d’autres associations, où ce magistrat, vice-président du Tribunal de Paris, jouait le rôle du procureur. Aux autorités de l’État d’en prendre acte et de cesser sans tarder de violer nos engagements internationaux.

Jean-Luc Rongé, directeur du Journal du droit des jeunes
Voir aussi : http://libertescheries.blogspot.com/2012/01/la-cour-europeenne-au-secours-des.html

mardi 10 janvier 2012

Stratégie du gouvernement français pour l’inclusion des Roms


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ROMS ET GENS DU VOYAGE

Fin décembre 2011, la France a, dans les délais, remis à la Commission européenne un projet de stratégie pour l’inclusion des Roms et des gens du voyage. Décevant pour les intéressés exclus de toute concertation, ce document marque une étape dans le processus qui, à partir de 2014, devrait aboutir à flécher les fonds européens vers des actions efficaces.

« La France est un bon élève administratif ; elle a rendu une note sur sa stratégie nationale en faveur de l’inclusion des roms et gens du voyage », précise-t-on du côté de la Commission européenne qui s’apprête à discuter avec le gouvernement sur l’évaluation des politiques envisagées.

Dans le cadre fixé par l’UE [1], les services de la commission affichent une ferme volonté de ne financer que des dispositifs cohérents et solidement évalués. Si dans la forme, les 24 pages de la note française font pâle figure par rapport au volumineux dossier accompagné de rapports de groupes de travaux présenté par la petite Finlande, la Pologne ou la Roumanie, [2] le ministère des Affaires sociales considère cette première contribution comme un projet et affirme travailler plus en profondeur.

Réaffirmation d’anciens principes - Ne reconnaissant pas le concept de minorité ethnique, la France axe sa politique sur l’accès au droit commun des populations qui peinent à bénéficier de la scolarisation, des soins, du logement et de l’emploi.

Elle ne tient pas compte de l’ethnie et ne prend en compte les roms et les gens du voyage que dans la mesure où ils se trouvent dans des situations précaires ou exclus de dispositifs comme l’école du fait de modes de vies particuliers.
Cette philosophie de l’accès au droit commun, inlassablement et unanimement rappelée par toutes les commissions nationales consultatives des gens du voyage depuis le début des années 2000, constitue la particularité de la contribution française.
Elle est en effet la seule à prendre en compte les gens du voyage dans la stratégie en faveur de l’inclusion des roms.

Ce principe n’est nullement contesté par les intéressés qui revendiquent l’égalité des droits, mais déplorent l’inefficacité de la plupart des mesures mises en œuvres depuis 30 ans.
Ils réclament de véritables évaluations de chacun des dispositifs listés dans le document. Dans tous les domaines, ils sont pour la plupart jugés intéressants mais insuffisants pour répondre aux besoins.
Amertume et défaut de concertation - Ainsi, le paragraphe consacré à la « politique ambitieuse conduite depuis le début des années 1990 en matière de logement », déclenche des réactions amères du côté des responsables des associations de gens du voyage.

Tant Désiré Vermeersch, président de l’Asnit, que Fernand Delage, vice-président de l’Ufat, dénoncent le gouffre qui sépare les mots des réalités. « Aujourd’hui même, des familles sont empêchées d’habiter sur les terrains qui leur appartiennent depuis plus de 20 ans et qu’ils ont aménagés à leurs frais. Elles se retrouvent à la rue sans même pouvoir stationner légalement faute de places », déplore Désiré Vermeersch.

« En matière de scolarisation et d’accès au travail, il n’y a rien de nouveau et de prometteur dans cette stratégie. Tout ce qui est proposé là est déjà expérimenté depuis longtemps sans que rien ne s’améliore », constate tristement Fernand Delage, en faisant remarquer qu’aucune association n’a été associée à la réflexion sur cette stratégie.

Déficit de concertation - Mi-décembre, les services de la Commission européenne craignaient que la France ne tienne pas ses engagements. Ils étaient en effet associés aux réflexions et aux processus de concertation dans d’autres pays sans être informés de l’existence même d’un travail au sein du gouvernement français.
Celui-ci ne tient d’ailleurs pas à communiquer avant plusieurs semaines sur ce sujet sensible en marges des préoccupations majeures.
« Un tel défaut de concertation ne serait pas possible avec une autre catégorie de la population », remarque Stéphane Léveque, directeur de la Fnasat, fédération d’associations spécialisée mentionnée dans le document sans même en avoir été informée.
S’appuyant sur leurs expériences, aucune des associations n’est convaincue par le paragraphe « Impliquer les acteurs associatifs et la société civile ».

« Cette stratégie consiste à faire payer par l’Europe des actions qui étaient jusqu’à présent financées par le gouvernement », remarque Paul Lacoste, l’un des porte-paroles de l’association Halem.

Voir le texte du Gouvernement via :
http://www.fnasat.asso.fr/

http://www.fnasat.asso.fr/
[http://www.fnasat.asso.fr/][http://www.fnasat.asso.fr/]

dimanche 18 décembre 2011

Les violences faites aux Rroms

Les exemples de violence faites aux Rroms ne manquent pas, hélas!
Que Association Européenne pour la Défense des droits de l'Homme s'en soucie nous intéresse.
Il faut contribuer à nourrir le dossier en cours de constitution et annoncé ci-dessous.
Notre Collectif peut recueillir les informations utiles et les transmettre.

Nous écrire à Collectif Rroms : rroms2010@gmail.com


http://www.aedh.eu/Les-violences-faites-aux-Roms-dans.html

Communiqué de presse du 24 novembre 2011


Depuis la dernière Assemblée Générale de l’AEDH, la question de la violence contre les Roms dans l’Union européenne est une des priorités de l’AEDH cette année.
L’objectif de l’AEDH est de mettre l’accent sur le fait que dans beaucoup de pays de l’UE, les discriminations et le racisme envers les Roms ont conduit à une augmentation des violences physiques (agressions, meurtres, stérilisation des femmes, destruction de biens, etc.). L’AEDH considère que ce type de violence contre un groupe ethnique est inacceptable et devrait être condamnée fermement par l’Union européenne. Jusqu’à maintenant, les institutions européennes sont restées plutôt silencieuses sur ce sujet.
Par conséquent, suite à l’AG, nous avons commencé des recherches sur cette question, avec l’objectif de publier un rapport général sur les violences faites aux Roms en mars 2012, contenant des informations sur les types de violence dans l’UE, sur les mesures que prennent (ou non) les États contre ces violences, avec des exemples concrets, et des recommandations aux institutions et États européens.
Actuellement nous réunissons des informations sur la situation dans chaque État membre.
Si vous avez publié des rapports ou analyses sur la violence contre les Roms, ou si vous connaissez des documents (y compris des décisions de justice) qui pourraient être utiles à nos recherches, nous vous remercions de nous les transmettre.
Vous pouvez nous envoyer ces documents en anglais, français, ou dans la langue de votre pays.

Pierre Barge, Président de l’AEDH
Aleksejs Dimitrovs, membre du Bureau en charge de ce projet