mercredi 15 février 2012

Les Rroms ne voteraient pas Hollande

Les Rroms ne voteraient pas Hollande (ni Sarkozy !). Ils ne voteraient pas d'ailleurs. Ils n'en ont pas le droit. Ce droit ils l'auraient, pour les Européennes et les municipales, s'ils sont inscrits (on fera ce qu'il faut pour qu'ils ne l'obtiennent pas).

***

D'après Serge Guichard de l'Association de Solidarité en Essonne aux Familles Roms, Roumaines. ( Réseau Romeurope )

 
Serge Guichard

Vous pouvez regarder, en différé sur le site internet de canal+, l'émission Dimanche+ à laquelle était invité François Hollande dimanche 12 février. :
 http://www.canalplus.fr/c-infos-documentaires/pid3354-c-dimanche.html
Une fois passées les pub, vous pouvez accéder directement à la deuxième partie de l'émission  où François Hollande est interrogé sur le sujet des Rroms, après un court reportage à Marseille sur les destructions de bidonvilles et de squats.

En quelques mots et minutes tout est dit dans le reportage :
Le rappel du discours de Grenoble.
Les raisons économiques de cette migration
La réalité quant à ce qui se dit sur les "avantages sociaux"
Le sous-préfet, dont on pense que ce qu'il peut dire, hors caméra, doit être terrible.
Les duplicités d'élus de gauche...
Etc... Du bon travail de journaliste.

Mais... les réponses de Hollande, elles, sont moins appréciables et  même très inquiétantes.
Notamment quand il sous-entend qu'il pourrait agir pour limiter le droit de circulation  ! Je le cite texto : " l'origine du mal est de ne pas avoir fixé une règle européenne pour garder cette population où elle doit vivre; en Roumanie ". Hollande confirme dans la suite de l'interview que, pour lui, le problème provient de la "libre circulation des Rroms". Hollande imagine de limiter carrément le droit de circulation ! Sans doute cela est-il impossible d'ailleurs sur un plan juridique, Européen ! Mais peu importe...


Pressé par la journaliste qui lui demande ce qu'il faut faire, Hollande ajoute qu'il proposera d'établir des "camps" (comme il dit ) "de notre propre décision" (celle du gouvernement qu'il dirigera) pour éviter que.... "ces camps ne se fassent n'importe où, en l’occurrence à proximité des centre villes" !
 Avec François Hollande, y restera-t-elle ?

Pas un mot sur la misère en Roumanie, sur la détresse des populations, pas même un mot sur les grandes manifestations des Roumains contre les terribles politiques d'austérité ( les mêmes qu'en Grèce...), pas un mot sur les inadmissibles avenants aux accords de l'entrée de la Roumanie et de la Bulgarie dans l'Europe, pas un mot sur le risque de prolongation de ces accords.

Le pompon, c'est lorsque la maire PS du IIème arrondissement de Marseille est montrée en train de faire la fête avec des riverains heureux d'une expulsion... Prise la main dans le pot de confiture, la seule réaction de cette élue, est de dire que ce fut une erreur de fêter cela de cette manière, avec... le sous-préfet ! Questionnée par Anne-Sophie Lapix, Hollande se contentera de parler de... "regrettable erreur"... Terrible, angoissant....

On ne peut qu'espérer qu'il y aura des rectificatifs...

lundi 23 janvier 2012

Enfants étrangers retenus : la France condamnée



 

Plus qu’un blâme, la France se voit délivrer une injonction à propos de la détention des enfants dans les centres de rétention administrative !  C’est à une véritable mise en demeure de la France que vient de se livrer la Cour européenne des droits de l’Homme (CEDH), par son arrêt du 19 janvier 2012.

C’est une longue décision, comme cette haute juridiction qui veille au respect des droits de l’Homme de 800 millions d’européens dans les 47 États membres, ne manque pas d’en faire, et qui mérite d’être lue dans tous ses aspects (ici : Affaire Popov c. France).

En cause : l’État, pour avoir détenu des enfants dans des centres de rétention administrative (CRA) pour étrangers en séjour irrégulier sur notre territoire. Une famille originaire du Kazakhstan, résidant en France depuis 2003, composée des parents, d’une fillette de trois ans et d’un bébé, fut privée de liberté et placée durant quinze jours en 2007 dans un centre de rétention administrative, soi-disant «habilité à accueillir les familles», où l’on garde les «illégaux»... dans l’attente de leur expulsion.
Primo : la Cour constate d’abord que le placement d’enfants dans un CRA, outre l’inadéquation des lieux à leur accueil, était manifestement inadapté à leur âge et que «les conditions de vie ne pouvaient qu’engendrer pour eux une situation de stress et d’angoisse et avoir des conséquences particulièrement traumatisantes sur leur psychisme», eu égard à la forte présence policière, ajoutée à la détresse des parents. D’où, dit la Cour, les enfants ont été l’objet de traitements inhumains et dégradants.

Secondo : la loi française n’autorise pas l’éloignement forcé d’enfants du territoire. C’est dans la loi (ici et ici). Or ces enfants ont bien été détenus en vue de leur expulsion alors que la Convention européenne des droits l’Homme prévoit qu’il faut une loi pour qu’il en soit ainsi et que, de toute façon, s’agissant d’enfants, leur détention ne peut être qu’une «mesure en dernier ressort», comme l’exige la Convention des droits de l’enfant (art. 37). D’où, violation du droit à la liberté.

Tertio : la Convention européenne des droits de l’Homme prévoit que toute personne détenue doit être immédiatement présentée devant un juge. Or, comme l’administration entretient la fiction selon laquelle ces enfants sont «libres», qu’ils ne font qu’accompagner leurs parents, seuls ces derniers sont présentés devant le juge des libertés et de la détention, qui ne peut dès lors examiner la situation particulière des enfants, ceux-ci demeurant privés de liberté dans un «vide juridique». D’où violation du droit à un recours contre la mise en détention.

Quarto : Citons la Cour : «L’intérêt supérieur de l’enfant ne peut se limiter à maintenir l’unité familiale mais (…) les autorités doivent mettre en œuvre tous les moyens nécessaires afin de limiter autant que faire se peut la détention de familles accompagnées d’enfants et préserver effectivement le droit à une vie familiale. Aussi, en l’absence de tout élément permettant de soupçonner que la famille allait se soustraire aux autorités, la détention, pour une durée de quinze jours, dans un centre fermé, apparaît disproportionnée par rapport au but poursuivi». D’où violation du respect dû à la vie privée et familiale.
Déjà, en janvier 2007, la Belgique avait été condamnée par la CEDH pour les mêmes raisons (ici), et durant les cinq dernières années, le gouvernement français, comme l’autorité judiciaire, ont fait mine de ne rien comprendre, de ne rien y voir. La détention des familles dans les CRA n’a fait que s’accroître dans ce délai.
Il s’agit cette fois d’une ferme et précise remise en cause de la politique française d’éloignement des familles avec enfants, et de l’obsession du chiffre qui guide l’action gouvernementale, faisant fi des drames humains qu’elle
peut engendrer.
C’est aussi un avertissement, et même une mise en demeure aux cours et tribunaux régulièrement interpellés sur la question de la détention des enfants migrants. La Cour de cassation, qui prétend désormais que les États «sont tenus de respecter les décisions de la Cour européenne des droits de l’homme» (ici), va devoir changer sa jurisprudence, elle qui affirmait encore en 2009, pour censurer les cours d’appel qui avaient décidé de libérer les familles avec enfants, que leurs décisions reposaient «sur des motifs impropres à caractériser, en l'espèce, un traitement inhumain ou dégradant» (ici).

Cette fois, nos hautes juridictions nationales ne pourront plus y échapper, ni même le ministère de l’intérieur : la CEDH a repris les mêmes motifs que les cours d’appel précitées, s’est appuyée notamment sur les rapports de la CIMADE, de la Défenseure des enfants, de la Commission nationale de déontologie et de sécurité (toutes deux aujourd’hui dissoutes dans le Défenseur des droits), du Commissaire aux droits de l’Homme du Conseil de l’Europe, du Comité européen contre la torture, des recommandations du Haut commissariat aux réfugiés, pour affirmer, in concreto, comme in abstracto : «Non ! Ça ne peut pas aller comme ça ! Ces enfants ne peuvent pas être détenus pour ces raisons, de cette manière; il y a de la souffrance; il y a pourtant des alternatives. Et si vous avez éventuellement le droit d’éloigner ces familles, vous devez tout d’abord veiller, dans l’intérêt supérieur des enfants, à les protéger, à ce que leur cause soit entendue, à rechercher leur bien-être… et à respecter autant que faire se peut l’unité familiale».
Désormais, comme Serge Portelli le déclarait il y a peu : «Le droit est en train de changer, ce qui peut permettre aux enfants d’espérer (…) Le Conseil constitutionnel a également fini par critiquer la garde à vue, et puis, dans son courage exemplaire, la Cour de cassation, en dernier. Il ne faut donc jamais désespérer de cette haute juridiction française» (ici).

C’était le 14 mai dernier, au cours du Procès de l’enfermement des enfants étrangers que DEI-France a organisé avec d’autres associations, où ce magistrat, vice-président du Tribunal de Paris, jouait le rôle du procureur. Aux autorités de l’État d’en prendre acte et de cesser sans tarder de violer nos engagements internationaux.

Jean-Luc Rongé, directeur du Journal du droit des jeunes
Voir aussi : http://libertescheries.blogspot.com/2012/01/la-cour-europeenne-au-secours-des.html

mardi 10 janvier 2012

Stratégie du gouvernement français pour l’inclusion des Roms


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ROMS ET GENS DU VOYAGE

Fin décembre 2011, la France a, dans les délais, remis à la Commission européenne un projet de stratégie pour l’inclusion des Roms et des gens du voyage. Décevant pour les intéressés exclus de toute concertation, ce document marque une étape dans le processus qui, à partir de 2014, devrait aboutir à flécher les fonds européens vers des actions efficaces.

« La France est un bon élève administratif ; elle a rendu une note sur sa stratégie nationale en faveur de l’inclusion des roms et gens du voyage », précise-t-on du côté de la Commission européenne qui s’apprête à discuter avec le gouvernement sur l’évaluation des politiques envisagées.

Dans le cadre fixé par l’UE [1], les services de la commission affichent une ferme volonté de ne financer que des dispositifs cohérents et solidement évalués. Si dans la forme, les 24 pages de la note française font pâle figure par rapport au volumineux dossier accompagné de rapports de groupes de travaux présenté par la petite Finlande, la Pologne ou la Roumanie, [2] le ministère des Affaires sociales considère cette première contribution comme un projet et affirme travailler plus en profondeur.

Réaffirmation d’anciens principes - Ne reconnaissant pas le concept de minorité ethnique, la France axe sa politique sur l’accès au droit commun des populations qui peinent à bénéficier de la scolarisation, des soins, du logement et de l’emploi.

Elle ne tient pas compte de l’ethnie et ne prend en compte les roms et les gens du voyage que dans la mesure où ils se trouvent dans des situations précaires ou exclus de dispositifs comme l’école du fait de modes de vies particuliers.
Cette philosophie de l’accès au droit commun, inlassablement et unanimement rappelée par toutes les commissions nationales consultatives des gens du voyage depuis le début des années 2000, constitue la particularité de la contribution française.
Elle est en effet la seule à prendre en compte les gens du voyage dans la stratégie en faveur de l’inclusion des roms.

Ce principe n’est nullement contesté par les intéressés qui revendiquent l’égalité des droits, mais déplorent l’inefficacité de la plupart des mesures mises en œuvres depuis 30 ans.
Ils réclament de véritables évaluations de chacun des dispositifs listés dans le document. Dans tous les domaines, ils sont pour la plupart jugés intéressants mais insuffisants pour répondre aux besoins.
Amertume et défaut de concertation - Ainsi, le paragraphe consacré à la « politique ambitieuse conduite depuis le début des années 1990 en matière de logement », déclenche des réactions amères du côté des responsables des associations de gens du voyage.

Tant Désiré Vermeersch, président de l’Asnit, que Fernand Delage, vice-président de l’Ufat, dénoncent le gouffre qui sépare les mots des réalités. « Aujourd’hui même, des familles sont empêchées d’habiter sur les terrains qui leur appartiennent depuis plus de 20 ans et qu’ils ont aménagés à leurs frais. Elles se retrouvent à la rue sans même pouvoir stationner légalement faute de places », déplore Désiré Vermeersch.

« En matière de scolarisation et d’accès au travail, il n’y a rien de nouveau et de prometteur dans cette stratégie. Tout ce qui est proposé là est déjà expérimenté depuis longtemps sans que rien ne s’améliore », constate tristement Fernand Delage, en faisant remarquer qu’aucune association n’a été associée à la réflexion sur cette stratégie.

Déficit de concertation - Mi-décembre, les services de la Commission européenne craignaient que la France ne tienne pas ses engagements. Ils étaient en effet associés aux réflexions et aux processus de concertation dans d’autres pays sans être informés de l’existence même d’un travail au sein du gouvernement français.
Celui-ci ne tient d’ailleurs pas à communiquer avant plusieurs semaines sur ce sujet sensible en marges des préoccupations majeures.
« Un tel défaut de concertation ne serait pas possible avec une autre catégorie de la population », remarque Stéphane Léveque, directeur de la Fnasat, fédération d’associations spécialisée mentionnée dans le document sans même en avoir été informée.
S’appuyant sur leurs expériences, aucune des associations n’est convaincue par le paragraphe « Impliquer les acteurs associatifs et la société civile ».

« Cette stratégie consiste à faire payer par l’Europe des actions qui étaient jusqu’à présent financées par le gouvernement », remarque Paul Lacoste, l’un des porte-paroles de l’association Halem.

Voir le texte du Gouvernement via :
http://www.fnasat.asso.fr/

http://www.fnasat.asso.fr/
[http://www.fnasat.asso.fr/][http://www.fnasat.asso.fr/]

dimanche 18 décembre 2011

Les violences faites aux Rroms

Les exemples de violence faites aux Rroms ne manquent pas, hélas!
Que Association Européenne pour la Défense des droits de l'Homme s'en soucie nous intéresse.
Il faut contribuer à nourrir le dossier en cours de constitution et annoncé ci-dessous.
Notre Collectif peut recueillir les informations utiles et les transmettre.

Nous écrire à Collectif Rroms : rroms2010@gmail.com


http://www.aedh.eu/Les-violences-faites-aux-Roms-dans.html

Communiqué de presse du 24 novembre 2011


Depuis la dernière Assemblée Générale de l’AEDH, la question de la violence contre les Roms dans l’Union européenne est une des priorités de l’AEDH cette année.
L’objectif de l’AEDH est de mettre l’accent sur le fait que dans beaucoup de pays de l’UE, les discriminations et le racisme envers les Roms ont conduit à une augmentation des violences physiques (agressions, meurtres, stérilisation des femmes, destruction de biens, etc.). L’AEDH considère que ce type de violence contre un groupe ethnique est inacceptable et devrait être condamnée fermement par l’Union européenne. Jusqu’à maintenant, les institutions européennes sont restées plutôt silencieuses sur ce sujet.
Par conséquent, suite à l’AG, nous avons commencé des recherches sur cette question, avec l’objectif de publier un rapport général sur les violences faites aux Roms en mars 2012, contenant des informations sur les types de violence dans l’UE, sur les mesures que prennent (ou non) les États contre ces violences, avec des exemples concrets, et des recommandations aux institutions et États européens.
Actuellement nous réunissons des informations sur la situation dans chaque État membre.
Si vous avez publié des rapports ou analyses sur la violence contre les Roms, ou si vous connaissez des documents (y compris des décisions de justice) qui pourraient être utiles à nos recherches, nous vous remercions de nous les transmettre.
Vous pouvez nous envoyer ces documents en anglais, français, ou dans la langue de votre pays.

Pierre Barge, Président de l’AEDH
Aleksejs Dimitrovs, membre du Bureau en charge de ce projet



mardi 8 novembre 2011

Mendiantes devant le tribunal : "la chasse aux Roms continue"

https://encrypted-tbn1.google.com/images?q=tbn:ANd9GcQqqP4iOUoWHliLyXTryBFsBbA5o32t2sHxc7xjUrkg355M_IyLWA

Nous sommes concernés par la brutale interpellation de femmes qui mendient avec leur enfant, les séparations qui s'en suivent, la chasse aux mendiantes Rroms qui s'engage.

http://borghesio.typepad.com/.a/6a00d8341c710a53ef0134864e42f2970c-250wi

Interview - Deux Roumaines comparaissent devant le tribunal de Bobigny pour "privation de soins" après avoir été arrêtées en train de mendier avec leurs enfants. Leur avocat dénonce une infraction "aberrante" et clairement anti-Roms.

https://encrypted-tbn1.google.com/images?q=tbn:ANd9GcQqqP4iOUoWHliLyXTryBFsBbA5o32t2sHxc7xjUrkg355M_IyLWA

TF1 News : Dans quelles conditions ont été arrêtées vos deux clientes et que leur reproche-t-on exactement ?

Henri Braun, avocat : Maria et Genovita sont deux jeunes femmes Roms, originaires de Roumanie. Elles ont une vingtaine d'années et sont arrivées en France il y a quelques mois avec leurs maris et leurs enfants. Comme tous les ressortissants roumains et bulgares en France, elles n'ont pas accès au marché du travail en France. Elles vivent donc dans des conditions très précaires et ont été contraintes de mendier pour survivre et nourrir leurs enfants. Elles ont été arrêtées le 6 septembre au Bourget en train de faire la manche dans la rue avec leurs enfants. Ces derniers leur ont été retirés pendant huit jours, puis finalement rendus. Depuis, elles sont poursuivies pour "privation de soins" devant le tribunal de Bobigny.

Ce délit, qui figure à l'article 227-15 alinéa 2 du code pénal, a été créé par la loi de sécurité intérieure de 2003. Il stipule que "constitue notamment une privation de soins le fait de maintenir un enfant de moins de six ans sur la voie publique ou dans un espace affecté au transport collectif de voyageurs dans le but de solliciter la générosité des passants". La sanction encourue est de 7 ans de prison et 100 000 euros d'amende.

Suite à la création de ce délit, il y a eu une première vague d'interpellation en 2004 et 2005. Et puis, le 12 octobre 2005, la Cour de cassation a rendu un arrêt imposant au parquet d'apporter la preuve que la santé de l'enfant avait souffert pour que le délit soit constitué. Comme ce n'est jamais le cas, les arrestations se sont arrêtées net. Mais l'offensive a clairement repris depuis l'été dernier. La chasse aux Roms continue. Cela va dans la continuité de la chasse lancée il y a un peu plus d'un an avec le démantèlement de tous les camps, notamment en Seine-Saint-Denis.


TF1 News : Ce lundi sera examinée une question prioritaire de constitutionnalité (QPC) que vous avez déposé mi-octobre lors d'une première audience : pourquoi souhaitez-vous voir ce texte abrogé ?

H.B. : Ce qui est étonnant dans les dossiers de mes deux clientes, c'est qu'on peut lire que les policiers ont dit "repérons une femme de type rom et interpellons". Mon objectif est de faire disparaître cet article de loi que je considère clairement comme anti-Roms car, jusqu'à présent, je n'ai vu que des Roms poursuivis sur le fondement de l'article 227-15 alinéa 2. Ce dernier a été pensé dans un sens discriminatoire et il est appliqué de façon discriminatoire. Si jamais ma QPC est rejetée aujourd'hui je saisirai la Cour de justice de l'Union européenne, au Luxembourg, pour violation de la Charte européenne des droits fondamentaux. J'estime en effet que la mendicité n'est pas un délit. Et quand bien même on déciderait qu'il s'agisse d'un délit, la sanction proposée est totalement disproportionnée. C'est aberrant. Comment se fait-il, par exemple, qu'un vol simple soit puni de trois ans de prison, et que le simple fait de mendier soit puni de sept ans ?


TF1 News : Est puni de sept ans de prison le fait de mendier ... avec son enfant.

H.B. : Je suis d'accord, mais le problème est que ces femmes n'ont accès ni aux crèches ni aux haltes garderies. Alors comment font-elles ? La justice pénale est là pour réprimer des comportements nuisibles à la société. Mais en l'espèce, on vise simplement à stigmatiser une partie de la population. Je trouve cela insupportable. Et sans faire d'amalgame ou tenter de vouloir comparer l'incomparable, c'est quand même d'autant plus insupportable que les Tsiganes ont souvent été stigmatisés dans l'histoire.


TF1 News : En même temps, notre société ne peut tolérer de voir des enfants mendier dehors toute la journée avec leurs parents...

H.B. : La question n'est pas de savoir si on approuve ou pas moralement cette situation. Sur le fond je suis évidemment entièrement d'accord pour dire que la place des enfants de moins de six ans n'est pas dans la rue en train de mendier. La vraie question est de savoir si cela mérite une répression pénale. A l'heure actuelle, on ne fait rien pour ces enfants, on vise juste un but répressif. Je ne pense pas qu'incarcérer les mères aille dans le sens de l'intérêt de ces enfants. Un début de solution serait de donner à ces gens l'accès au travail. Ils sont totalement aptes pour cela. Alors, ils n'auront plus besoin de mendier.


TF1 News : Le vote de cet article visait également à mettre un coup d'arrêt aux réseaux organisés...

H.B. : Peut-être que cela existe mais moi je n'en ai jamais vu. J'ai simplement vu des maris et des femmes essayant d'avoir une vie meilleure pour leurs enfants. Mais si c'était le cas, il existe un autre texte qui condamne l'exploitation de la mendicité et que je n'ai encore jamais vu appliqué. Alors commençons par ça.


TF1 News : Lors de la première audience, mi-octobre, une autre femme, arrêtée à la Courneuve et à qui l'on reprochait les mêmes faits, a finalement été relaxée. Vous attendez-vous à la même clémence du tribunal pour vos clientes ?

H.B. : Je suis très confiant quant à l'obtention de la relaxe car les examens médicaux effectués sur les enfants ont montré qu'ils étaient en parfaite santé. Les services de police, eux-mêmes, ont juste constaté que la couche de l'un d'eux avait été changée un peu tardivement et qu'il avait du coup les fesses un peu rouges... On est donc loin de la maltraitance ou du manque de soins. Mais mon objectif va plus loin que la relaxe. Mon objectif, comme je vous l'ai dit, est d'obtenir l'abrogation de ce texte.

Par Alexandra Guillet le 07 novembre 2011 à 06:00

http://lci.tf1.fr/france/justice/mendiantes-roumaines-au-tribunal-la-chasse-aux-roms-continue-6808956.html




samedi 29 octobre 2011

Arno Klarsfeld : ce sophiste est dangereux.

Les présidents de l'OFII étaient astreints à une certaine réserve, fut-elle de pure façade. Pas le nouveau président : Arno Klarsfeld, nommé en septembre par Nicolas Sarkozy ! Au contraire, il multiplie les propos scandaleux et s'y complaît. Dans la Voix du Nord et Nord Éclair, il se confie aux journalistes, à l'occasion de la visite d'un centre d'accueil pour demandeurs d'asile (CADA). Il plaisante, quand le directeur du centre lui présente une pièce commune, où les résidents prennent souvent le repas en groupe : « Un peu comme dans un kibboutz», dit-il !

Le Sophiste

Sous le discours habile, qui mélange tout, peut se cacher "le dévoreur".

Ce beau parleur fait honte à l'institution qu'il représente quand il accable les Rroms en leur reprochant à peu près tout, sans s'encombrer de nuances :

« Ils devraient s'abstenir d'avoir huit enfants »

« Ils doivent savoir que leurs enfants vont être pris par les mafias, mis sur le trottoir »

« ils sont aussi victimes d'eux-mêmes, responsables de ne pas avoir su susciter une véritable élite »

Ils se laissent diriger par « cette ploutocratie qui vit de trafics et n'a pas intérêt à sortir son peuple de l'horreur. »

« La France ne peut pas revenir au temps de Dickens et tolérer des bidonvilles »

« Les associations disent : il faut les loger. Mais il n'y a pas de logements pour les Français et les étrangers »

Il ne faut pas sous estimer l'efficacité de ce discours raciste qui aboutit, finalement, à dire : « Si des Roms sont en France en situation irrégulière, sauf cas où leurs enfants ont toutes leurs attaches ici, ils doivent être renvoyés dans leur pays. Ça me paraît, pour l'instant, être la seule solution à court terme »

Arno Klarsfeld alterne, avec habileté, des paroles qui ne peuvent que contribuer à dresser les Français contre les Rroms étrangers, puis il va plus loin : « On est en période de crise, donc c'est évident que la question des Roms n'est pas une priorité au niveau européen mais elle le deviendra. Elle le deviendra aussi pour la Roumanie. Les Roms ont une natalité très importante, les Roumains une natalité relativement faible. Et les Roumains n'aiment pas les Roms. Pour qu'ils fassent moins d'enfants, il leur faudra les intégrer afin qu'ils aient une vie plus en rapport avec la société européenne ».

Et de conclure, répondant à une question des journalistes (Qui, en Europe, portera une politique pour les Roms ?) : « La France et l'Allemagne doivent être le fer de lance. L'Allemagne, sous le régime nazi, les a exterminés et ne leur a pas payé toutes les réparations qu'elle aurait dû. La France est le pays des droits de l'Homme et a une responsabilité parce qu'elle les a internés dans des conditions indignes pendant la guerre. Quelques centaines de Roms de France ont été déportées à Auschwitz. Pousser l'Europe à trouver des solutions originales peut être aussi une forme de réparation morale. Mais les Roms portent, eux aussi, la responsabilité de faire émerger leurs propres leaders, leur élite. Ce qu'ils n'ont jamais réussi à faire. Et ça, c'est de leur responsabilité ».

Il faut connaître toutes les intentions de ce nouvel instrument médiatique de la pensée de Nicolas Sarkozy, après Hortefeux et Besson, à présent avec Guéant. Rien n'a changé depuis juillet 2010. Tout devient clair : il faut faire payer l'Allemagne ; les Rroms doivent se donner des élites qui les intègrent dans l'Europe ; la France n'a pas les moyens de perdre son argent à accueillir des populations perverties par la mafia ; ce n'est pas parce que des Rroms ont été victimes du génocide nazi qu'on doit tout tolérer à leurs descendants. Tout est dit. On ne fera rien pour les Rroms. On en chassera le plus grand nombre possible. Ils sont des a-sociaux qui ne méritent pas notre considération.

Ce propos odieux sera entendu. Nous n'avons pas d'autre choix que de le combattre avec vigueur et rigueur.

Que ce soit le fils d'une famille qui a traqué les génocidaires qui nous ressorte le discours des asociaux (au nom de quoi les Nazis ont traqué les Tsiganes !) a de quoi lever le cœur. Mais ne nous en tenons pas là. L'ignorance et le bavardage de celui qui a pour mission d'accueillir l'étranger dans la misère, au nom de la France, doivent être dénoncés avant que d'être sanctionnés, car ce ne sont pas seulement des idées qui sont en cause mais les actes d'un responsable public dont nous voyons les effets.

La défiance que nous avions vis à vis de l'OFII ne peut que croître encore.

Oui, sachons le, et disons le : Arno Klarsfeld est un sophiste dangereux.

mardi 27 septembre 2011

Samedi 1er octobre 2011, Roma Pride !

Cet appel français pour la Roma Pride ("Dignité pour les Rroms") nous satisfait. Il clarifie plusieurs ambiguïtés. Pas toutes. Peu importe ! L'essentiel est dit. Notre Collectif ne peut que s'associer à cet appel qui n'est pas que français mais exprime, selon nous, le point de vue de Français solidaires des Rroms.

La manifestation annoncée en plusieurs pays d'Europe rejoint la campagne Dosta ("assez"). Nous sommes solidaires de tous les Roms d'Europe, membres ou non de l'Union européenne.


L’été 2010 et son cortège de discours agressifs envers les Roms et les Gens du voyage sonna pour beaucoup comme une remise en cause de principes qui nous sont chers : le respect de la dignité de chacun et l’égalité pour tous.

Depuis trop longtemps, de nombreuses confusions sont volontairement entretenues entre catégories administratives, nationales, culturelles et entre Roms, Tsiganes, Gitans et Gens du voyage. Celles-ci fabriquent, pour mieux la désigner, une population qui serait homogène et viscéralement dangereuse pour la République. Nous refusons ces confusions et nous dénonçons le racisme et les discriminations qui visent plus particulièrement les individus ainsi stigmatisés.

Depuis trop longtemps, les pouvoirs publics nationaux, en France comme ailleurs sur le continent, instrumentalisent la dimension européenne de certaines problématiques pour se défausser de leurs responsabilités sur d’autres pays, notamment la Roumanie et la Bulgarie, ou sur les institutions européennes. Celles-ci sont de plus incapables d’intégrer la réalité de la situation des Voyageurs français.

Nous refusons cette instrumentalisation et nous exprimons la solidarité européenne des sociétés civiles.

Cette solidarité, nous voulons la construire comme un moment d’engagement partagé entre Roms, Tsiganes, Gitans, Gens du voyage, antiracistes et plus largement tous les citoyens militants pour l'égalité des droits. Une solidarité dans laquelle les revendications particularistes – dont nous connaissons le côté étouffant – n’ont pas leur place. Une solidarité qui, au contraire, se fonde sur l’égalité des droits et le respect de la dignité qui doit être reconnue à chaque individu.

Au regard de ce qui nous guide, cette première « Roma Pride », organisée simultanément dans de nombreux pays européens, de la Norvège à la Roumanie et de l’Italie au Danemark, sera l’occasion, dans une ambiance citoyenne, festive et revendicative, de réclamer :

1/ Le respect pour tous les Européens de la liberté de circulation, un des fondements essentiels de la construction européenne. Ceci implique notamment l'intégration de la Roumanie et de la Bulgarie dans l'espace Schengen, ce qui leur est aujourd'hui refusé en particulier pour pouvoir mieux expulser les Roms.

2/ La suppression de la loi de 1969, qui dessine un véritable "Code du Voyageur", et dont les trois dispositions – les unes plus iniques que les autres - sont :

L'imposition d'une commune de rattachement pour les Voyageurs, avec un quota maximum de 3% de Voyageurs par commune.

Des modalités très restrictives d'inscription sur les listes électorales (qui ne peut intervenir qu’à l’issue de 3 ans de rattachement à une même commune).

La mise en place de titres de circulation, dont le carnet à faire viser tous les 3 mois en commissariat ou en gendarmerie.

Condamnée par feu La HALDE et même critiquée dans le récent rapport parlementaire du sénateur Hérisson, cette loi n’a évidemment plus sa place dans une République respectueuse du principe d’égalité et de sa Constitution.

3/ La reconnaissance de la caravane comme logement, et la réforme de la "taxe caravane", une taxe injuste puisque ne prenant pas en compte le niveau de revenus des Voyageurs qui y sont soumis.

4/ Le respect de la libre-circulation et du libre-stationnement pour les Gens du voyage, comme pour tous les autres citoyens, en particulier la possibilité de s'arrêter dans toutes les communes françaises. Ces droits sont aujourd’hui remis en cause puisque, en vertu notamment de la législation sur les aires de stationnement et en raison de la disparition des terrains municipaux ouverts au public, plus de 90% des communes sont interdites aux voyageurs, alors qu'une génération auparavant, il existait une possibilité de halte dans pratiquement tous les villages de France. Ces interdictions générales d’installation de caravanes doivent être proscrites dans les documents d’urbanisme des communes.

Pour nous, ces quatre revendications manifestent une volonté et un désir. La volonté de refuser que le mode de vie itinérant et l’habitat caravane soient réprimés dans notre pays. Le désir que le principe d’égalité ne soit pas une proclamation vide de sens pour une partie de nos concitoyens.

Le récent Sommet des maires pour les Roms et Gens du Voyage a conclu : « Nous affirmons de nouveau notre ferme conviction que l’avenir de la société démocratique européenne requiert l’inclusion et la participation de tous les Européens, y compris les Roms, à la construction de la démocratie et à la pleine vitalité de leurs collectivités, avec tous les droits et toutes les responsabilités que cela implique ».

C’est pour faire vivre cette Europe démocratique car débarrassée du racisme et des discriminations que nous nous retrouverons samedi 1er octobre pour la première Roma Pride.