lundi 11 juillet 2011

La tsiganophbie condamnée

En juin 2008, Michel Roquefort, membre d’ATD Quart Monde à Montpellier, reçoit par Internet un diaporama attaquant les gens du voyage dans des termes très violents. Il porte plainte. Trois ans plus tard, il obtient enfin gain de cause.

Quel était l’objet de votre plainte ?

Lorsque j’ai parcouru ce diaporama, j’ai été extrêmement choqué par cet appel à la haine contre les gens du voyage. Si je n’avais rien fait, j’aurais eu le sentiment d’être lâche et complice de dénonciations fausses, d’autant plus dangereuses qu’elles visent une minorité. J’ai porté plainte selon l’article R 625-7 du Code pénal qui prévoit qu’une provocation à la discrimination, même commise dans un cadre privé, peut donner lieu à une sanction pénale (voir ci-contre). J’ai accusé la personne qui avait diffusé ce diaporama de « provoquer à la discrimination, à la haine, et à la violence à l’égard d’un groupe de personnes en raison de leur appartenance à une ethnie, une nation et une race déterminée, en l’espèce les gens du voyage. »

Cette personne était-elle l’auteur du diaporama ?

Non, elle l’a seulement transmis, mais elle a quand même été condamnée à ce titre le 17 mai 2011 par le Tribunal de Police de Montpellier. Dans de tels cas, il est de toute façon très difficile d’établir qui est l’auteur d’un document répréhensible. La personne a été condamnée à une amende de 800 euros et n’a pas fait appel. Elle a reconnu qu’elle avait agi à la légère, et qu’aujourd’hui, elle ne transmettrait plus un tel document à ses amis.

Cette condamnation découragera-t-elle la diffusion de tels documents ?

Je pense que si, lorsque nous recevons par Internet un diaporama ou un message avec cet esprit-là, nous informons de ce jugement la personne qui nous l’a envoyé, elle comprendra assez vite la gravité de son geste et le risque qu’elle encourt.

Propos recueillis par Jean-Christophe Sarrot

➜ « La provocation non publique à la discrimination, à la haine ou à la violence à l’égard d’une personne ou d’un groupe de personnes à raison de leur origine ou de leur appartenance ou de leur non- appartenance, vraie ou supposée, à une ethnie, une nation, une race ou une religion déterminée est punie de l’amende prévue pour les contraventions de la 5e classe (1 500 euros au plus – qui peut être porté au double, dans certains cas de récidive –, et éventuelles peines complémentaires) » (article R. 625-7 du Code pénal).

mardi 14 juin 2011

La LDH en appelle au respect des droits des Rroms


Résolution du 86e congrès de la LDH à Reims – 13 juin 2011

Dans son « discours de Grenoble » en juillet 2010, monsieur Sarkozy s’est livré à une surenchère sécuritaire à partir d’un fait divers, faisant, en les amalgamant, des Roms ressortissants européens et des « Gens du voyage » à 95 % citoyens français, une des cibles privilégiées de sa politique xénophobe.

Destructions, stigmatisation, expulsions : le lot commun des Roms

Depuis, le gouvernement a aggravé un peu plus sa politique habituelle vis-à-vis de cette catégorie de population (destructions de campements et expulsions). Les moyens sont toujours les mêmes : les bulldozers rasent les bidonvilles au petit jour, les forces de police utilisent violence et harcèlement pour obtenir des reconduites volontaires dans le pays d'origine. Selon les déclarations d'Eric Besson à l'Assemblée nationale le 3 novembre dernier, sur 21 384 personnes expulsées de France entre janvier et septembre 2010, 13 241 (7 472 retours forcés et 6 769 retours « aidés ») concernent des citoyens roumains et des Bulgares, dont des Roms, soit près de 62 %.

Ces ressortissants européens, libres de circuler au sein de tous les pays de l'Union, sont frappés de mesures transitoires, en vigueur jusqu'en 2014, qui les excluent en pratique du marché de l'emploi. Les Roms ne sont pas des hors la loi, ni des mafieux comme le gouvernement se plaît à nous en convaincre. C'est la législation française qui les prive de droits : droit au travail, droit à la libre circulation...

Pire encore : à leur encontre, tout est permis : interpellations arbitraires, destructions de biens, accusations sans preuve de séjours supérieurs à trois mois et d'indigence alors que ces populations ne bénéficient pratiquement jamais de l’intervention des services sociaux. L’exercice des droits fondamentaux et en particulier la scolarisation des enfants, obligatoire dans notre pays, sont rendus quasi impossibles quand les camps sont régulièrement détruits et leurs habitants contraints continuellement à s'installer ailleurs.

Malgré les déclarations catégoriques de madame Viviane Reding, vice-présidente de la Commission européenne responsable de la justice, des droits fondamentaux et de la citoyenneté, et sa demande d'une procédure d'infraction à l'encontre de la France sur la base de deux motifs (application discriminatoire de la directive sur la libre circulation et manque de transposition des garanties procédurales et matérielles prévues par la directive sur la libre circulation), aucune sanction concrète n'a été prise à ce jour.

Les problèmes fondamentaux auxquels se trouvent confrontés certains Roms ou Tsiganes, en France comme en Europe, ne leur sont pas spécifiques, ils concernent toute la population précarisée : jeunes, femmes, travailleurs pauvres, chômeurs, Gens du voyage, migrants... Mais concernant la politique française à l'égard des Roms, il est difficile à ce niveau d'acharnement de se limiter à parler encore de discrimination. Il s'agit désormais de la négation systématique des droits fondamentaux d'une population stigmatisée et d'une action concertée du gouvernement français qui a besoin de boucs émissaires pour détourner l'attention de sa mauvaise gestion de la crise économique et politique.

Les pressions et mesures d’intimidation dont ils sont victimes montrent une volonté des autorités de terroriser ces populations, les violences dont ils sont l’objet et le dénuement auquel ils sont contraints peuvent être considérés comme des traitements inhumains et dégradants, en violation de la Convention internationale contre la torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains et dégradants, ratifiée par la France.

Des discriminations persistantes à l’encontre des « Gens du voyage »

Les répercussions de cette politique s’étendent par ailleurs aux « Gens du voyage », parmi lesquels nombre de citoyens français, qui restent victimes de discriminations de fait (moins de 50 % des lieux d’accueil prévus par la loi Besson de 2000 ont été réalisés) ou de discriminations légales (obligation des livrets et carnets de circulation des Gens du voyage en fonction d’une dangerosité supposée, obstacles mis à l’exercice des droits liés à la citoyenneté et notamment le droit de vote).

Contre les stigmatisations et le racisme, pour l’accès aux droits !

Pour lutter contre cette logique raciste, la Ligue de droits de l’Homme appelle à développer une campagne d'information et de sensibilisation permettant de mieux faire connaître la diversité historique, sociale et culturelle de ces populations.

La Ligue des droits de l'Homme, réunie en congrès national, demande solennellement au président de la République, au gouvernement et au parlement français d’en finir avec les violences, la stigmatisation systématique et les discriminations légales qui frappent une partie de la population vivant dans notre pays en raison de ses origines et/ou de son mode de vie :

- le statut spécifique appliqué aux Gens du voyage, particulièrement la loi de 1969, est à abroger, avec la suppression des livrets et des carnets de circulation et l’obtention du droit de vote au bout de six mois dans leur commune de rattachement. Avec la reconnaissance de la caravane comme habitat, la loi du 5 juillet 2000 doit être appliquée en prévoyant un schéma d’accueil et d’habitat dans chaque département et l’obligation pour les communes de plus de cinq mille habitants de réaliser les aires prévues par ce schéma ;

- les Roms roumains ou bulgares, avec l’ensemble des ressortissants de Roumanie et de Bulgarie, doivent sans délai être considérés comme des citoyens de plein exercice de l'Union européenne et obtenir le libre accès à l’emploi ; cela s’accompagne par l’arrêt et la sanction des harcèlements et violences policières sur les lieux de vie des Roms migrants, l’arrêt des distributions collectives de mesures d’éloignement et les placements en centres de rétention ainsi que l’abrogation du dispositif de fichage biométrique des bénéficiaires de l’aide au retour humanitaire ;

- élus locaux et représentants de l’Etat doivent faire en sorte que des moyens soient mobilisés pour permettre l’accès aux droits et l’accueil décent des populations précaires, et en particulier des Roms, dans des conditions sanitaires et matérielles correctes, conformes aux principes qui devraient être ceux de la République, en particulier concernant les droits constitutionnels au logement et à une vie familiale digne.

La Ligue des droits de l’Homme s’adressera aux candidats à l’élection présidentielle et aux élections législatives de 2012 pour qu'ils prennent ces engagements.

Adoptée à l’unanimité.

L’État a lui-même toujours exprimé sa méfiance vis-à-vis de ces populations méconnues, incomprises, différentes du modèle social majoritaire fondé sur la propriété et la sédentarité. La liberté de circulation est ici sans issue. Roms, Tziganes, Manouches, Gitans, Yéniches… ces « gens du voyage », comme on les nomme par simplification, sont régis par des lois et régimes d’exception, visant essentiellement à les contrôler et à les surveiller [...]

Henri LECLERC, président d'honneur de la LDH

jeudi 9 juin 2011

Claude Evin écrit au Préfet du 93





On expulse, à Pantin y compris les malades. On empêche, en Seine Saint-Denis, d'agir pour prévenir des risques pour la santé publique ! La politique sécuritaire est dangereuse pour la sécurité des habitants d'Ile de France. En y mettant les f
ormes, le Directeur de l'ARS d'Ile de France, Claude Évin, proteste contre cette grave erreur politique.

Monsieur le Préfet,

Comme vous le savez le département de la Seine-Saint-Denis est marqué par des indicateurs sanitaires très sensiblement en retrait par rapport aux moyennes régionales. Les inégalités sociales et territoriales de santé sont particulièrement prégnantes sur ce territoire.

Dans ce cadre, les populations en situation de grande précarité sont plus particulièrement touchées par des maladies, notamment infectieuses, dans un contexte général de difficultés d’accès aux soins compte tenu tant d’aspects culturels, qu’administratifs (ouverture des droits à couverture médicale) et financiers.

Afin d’assurer le droit à la santé de ces populations, l’Etat a développé des outils spécifiques (CMU et aide médicale Etat) et financé des interventions ciblées vers certaines populations.

Pour le département de la Seine-Saint-Denis, le taux élevé de prévalence de la tuberculose a conduit à renforcer le dispositif légal de base, assuré par les services du Conseil Général pour le compte de l’Etat, par un plan pluriannuel exceptionnel ciblé sur les populations les plus touchées dont la population Rrom.

Par ailleurs, l’épidémie de rougeole qui se développe depuis plusieurs années sur l’ensemble du territoire métropolitain, avec actuellement une forte croissance, n’épargne pas ces populations précaires avec pour elles une aggravation des risques liée à leur situation.

Dans ce contexte général et compte tenu du risque pour la santé publique, il est prioritaire de développer ces actions tant dans l’intérêt des bénéficiaires directs que pour limiter le développement de l’épidémie au bénéfice de toute la population.

Le département Veille et Sécurité Sanitaire de l’Agence Régionale de Santé est donc amené, en particulier dans le cadre du traitement des déclarations obligatoires de maladie (dont la tuberculose et la rougeole), à programmer des opérations de vaccination, de dépistage et de traitement dans des camps Rroms.

Ces opérations sont réalisées par les services du conseil général (PMI et service de lutte antituberculeuse), des associations financées par l’Etat (Médecins du Monde, CAM,..) avec parfois la participation des services santé des villes.

L’Agence Régionale de Santé a été informée de la survenue de plusieurs cas de rougeole sur des campements Rroms à Pantin et Bobigny. Des opérations de vaccination impliquant les différents intervenants ont donc été programmées.

Or à la veille de l’intervention sanitaire, sur le camp de Pantin, les forces de police ont procédé à l’évacuation du camp. Par ailleurs, plusieurs personnes atteintes de tuberculose étaient suivies médicalement dans ce camp.

Il ne m’appartient pas de porter une appréciation sur l’opportunité ou non de cette intervention. Il est par contre de ma responsabilité d’attirer votre attention sur ses conséquences en termes de santé publique.

Cette évacuation de plusieurs centaines de personnes constitue une augmentation significative du risque épidémique de rougeole puisque ces personnes ont sans nul doute intégré d’autres camps non touchés par l’épidémie. Concernant les personnes en traitement pour la tuberculose, ce déplacement réduit toute l’efficacité du traitement et comporte un risque grave de contamination.

Pendant plusieurs années, il avait été établi, dans votre département, que les services de la DDASS informaient votre cabinet des opérations de lutte contre la tuberculose afin qu’une intervention policière ne mette pas un terme aux traitements et vaccinations.

Face à la persistance de la tuberculose et à la flambée épidémique de la rougeole, il me semble, aujourd’hui, indispensable de pouvoir coordonner nos interventions afin que ne se renouvelle pas l’incident du 19 mai à Pantin compte tenu de la gravité que cette situation revêt pour la protection sanitaire des populations.

Je suis à votre disposition pour en parler plus avant.

Je vous prie d’agréer, Monsieur le Préfet, l’expression de ma considération distinguée.

Le Directeur Général

de l’Agence Régionale de Santé d’Ile-de-France


Claude EVIN

dimanche 29 mai 2011

Sortons le samudaripen de l'oubli historique

Une pétition de plus ? Non ! Demande de justice, tout simplement. La France n'a pas encore reconnu le samudaripen, la shoah des Tsiganes, contrairement à d'autres pays. L'initiative d'élus communistes est fondée. Elle est d'ailleurs appuyée par des élus de plusieurs autres organisations politiques. Comme d'habitude, dans notre pays, sans pression de l'opinion, rien ne bougera, surtout de la part d'un Gouvernement où la tsiganophobie domine ! Il est bon de nous associer à cette lutte pour les droits des Rroms, c'est-à-dire, comme on devrait sans cesse se le rappeler..., les droits de l'homme.

Comité d'Action pour la Reconnaissance du Génocide Tzigane

Auteur :
Frédéric Dutoit dutoitblog@yahoo.fr

Description :
ancien député, conseiller municipal de Marseille


À l'attention de Monsieur le président de l'Assemblée nationale française,

L'article 2 de la Convention pour la prévention et la répression du crime de génocide, adoptée par l'assemblée générale des Nations unies, le 9 décembre 1948, affirme :

« Dans la présente Convention, le génocide s'entend de l'un quelconque des actes ci-après commis dans l'intention de détruire, en tout ou en partie, un groupe national, ethnique, racial ou religieux, comme tel :

a)Meurtre de membres du groupe ;

b)Atteinte grave à l'intégrité physique ou mentale de membres du groupe ;

c)Soumission intentionnelle du groupe à des conditions d'existence devant
entraîner sa destruction physique totale ou partielle ;

d)Mesures visant à entraver les naissances au sein du groupe ;

e)Transfert forcé d'enfants du groupe à un autre groupe.

Le 02 février 2011, le Parlement Européen a rendu hommage aux victimes tziganes massacrées par le régime nazi lors de la commémoration de la libération du camp d’extermination d’Auschwitz.

Le Président du Parlement, Jerzy Buzek a souligné qu’« un tiers des personnes détenues à Auschwitz était Rrom, mais la plupart des Européens l’ignorent », évoquant également que « le moment est venu de dire à tout le monde que les Rrom ont vécu le traumatisme du génocide (…) et « que seuls quelques Etats européens ont reconnu officiellement le génocide des Rrom».

En titrant « L’Europe doit reconnaître le génocide Tzigane » le 03 février, le journal Le Monde revient sur le douloureux travail de mémoire qu’il reste à faire dans de nombreux États membres.

Certains pays ont été plus aptes à appréhender la question tzigane : « ce génocide sera reconnu en Allemagne en 1982, en Hongrie, un musée consacré à ce génocide est construit en 1998. Ce pays commémore chaque année, depuis 2001, le souvenir des Tziganes victimes de ce génocide auxquels il consacre un cours d’histoire dispensé à tous les adolescents ».

En France, le génocide tzigane n’est toujours pas reconnu.

Tout au long de son histoire, la France s’est trouvée à la tête des combats pour les droits de l'homme.

C’est au nom de ces valeurs universelles et de leur rayonnement, et sans vouloir donner de leçon à qui que ce soit, que nous avons la responsabilité de faciliter activement l'expression du devoir de mémoire à travers le monde, sans aucune exclusive et sans se voiler la face dans notre pays.

Le Parlement européen a montré la voie en honorant la mémoire de près d’un million de personnes trop longtemps oubliées dans la mémoire collective et ne compte pas en rester là.

Cette initiative voulue de longue date par les familles des victimes et les associations tziganes est un acte de reconnaissance historique à l’échelle européenne.

L'histoire de chaque peuple est une partie de l'histoire de l'humanité. À l'époque de la mondialisation, nous devons œuvrer à une compréhension mutuelle de l'histoire de chaque peuple et ainsi faire en sorte que le respect de l'autre soit le ciment d'un monde libre qui assume son passé.



Tout comme nous avons reconnu la Shoah, reconnaissons le génocide tzigane.


http://www.mesopinions.com/Comite-d-Action-pour-la-Reconnaissance-du-Genocide-Tzigane-petition-petitions-89c39cc01ebf003f71c00d70b9ba23ce.html

http://www.dutoitfreeblog.com/blog_de_frederic_dutoit/2011/04/cargt-comit%C3%A9-daction-pour-la-reconnaissance-du-g%C3%A9nocide-tsigane.html


mardi 10 mai 2011

10 ans après la loi Taubira, les Rroms restent "oubliés"...

La loi de 2001 déclarant l'esclavage et la traite crimes contre l'humanité ne s'use que si l'on ne s'en sert pas !

S'agissant des Rroms tenus en esclavage, du 14e au 19e siècle, dans le pays qui devait devenir la Roumanie, tout est encore silence !



Depuis 2009, à Paris, tous les 10 mai, les descendants d'esclaves et de victimes de la traite, Antillais, Guyanais, Réunionnais, Haïtiens, Africains, et ceux qui les soutiennent, se rassemblent, à 18 heures, - devant le monument au général Dumas (les "fers brisés" de Driss Sans-Arcidet) érigé par la ville de Paris, à l'initiative de l'écrivain Claude Ribbe, au mois d'avril 2009 -, pour manifester leur opposition au racisme.

Heureuse initiative qui devrait s'enrichir de la reconnaissance de l'esclavage des Rroms en Europe et de la dénonciation de la romaphobie raciste qui n'a pas cessé !

Le monument, élevé, en 1913, à la gloire du premier général d'origine afro-antillaise de l'histoire de France, (le général Dumas, père de l'écrivain français le plus lu dans le monde), fut détruit par des collaborateurs français, en 1943, précurseurs des racistes décomplexés de 2011.

Brisons les fers de l'esclavage mais aussi ceux de l'ignorance !

Au moment où un discours raciste tend à se banaliser, profitons du 10e anniversaire de la loi déclarant l'esclavage et la traite crimes contre l'humanité pour célébrer, d'abord, les héros français oubliés ou méprisés, mais aussi toutes les victimes de l'esclavage qui ne fut pas que transatlantique !

L'esclavage des Rroms a sévi aussi au cœur de l'Europe et, sous certains aspects, sévit encore !




dimanche 8 mai 2011

Des élus qui ne sont certes pas du côté des pauvres...



La famille rrom expulsée des abords d'Art de Vivre, à Éragny-sur-Oise, s'est réfugiée sur un terrain beaucoup plus isolé, pratiquement hors de vue, à proximité de la Cité de l'Auto, à Saint Ouen l'Aumône.

La Communauté d'Agglomération de Cergy-Pontoise, propriétaire de ce terrain en friche, a assigné, de nouveau, la famille devant le TGI de Pontoise. Le Tribunal n'a pas suivi les arguments de l'avocat de la CCAP et l'a déboutée...

Il a été fait appel de cette décision, le 27 avril 2011, "avec assignation et notification de conclusions", devant la Cour de Versailles, afin qu'il lui "plaise" (c'est ainsi qu'on parle en justice !) "d'infirmer la décision entreprise et statuer à nouveau".

La non condamnation devrait ainsi se transformer en condamnation avec, s'il vous plait, 5000 euros d'astreinte par jour passé sur les lieux, dès notification de la condamnation.

Cruelle et implacable collectivité territoriale ! Il suffit de se rendre sur les lieux pour constater que, là, aucun préjudice n'est causé au voisinage. Il y a, du reste peu de caravanes. l'une d'entre elles est toujours occupée par une femme qui est atteinte d'un cancer et qui doit, périodiquement se rendre à l'hôpital pour des soins.

Peut-on s'en prendre à l'État et lui reprocher sa dureté avec les Rroms, et, en même temps, ne montrer nulle indulgence, nulle compréhension ? Tout se passe comme si le Président de la Communauté d'Agglomération, vexé d'une décision de justice défavorable à sa thèse, se faisait un point d'honneur à l'emporte devant une nouvelle juridiction, hiérarchiquement plus élévée..., au risque, - espérons-le -, d'une nouvelle déconvenue.


Quelle France malmène l'autre ?

Que cherche-t-on en cette affaire ? À chasser les Rroms, où qu'ils s'installent, et en toutes circonstances ? Vaine recherche qui jamais n'aboutit, mais qui transporte le malheur avec elle, à chaque déplacement contraint.

Quelle menace est le fait des familles rroms en question ? Aucune ? Quel droit ont-elles à être là ? Le droit européen. Les humbles et les dépourvus ont-ils une place en France ? Sans doute diront les élus concernés, mais ailleurs... Où alors ? Cela regarde l'État, l'Europe, voire le pays qui les abandonne mais... pas nous ! Nous sommes transformés en "panous".



Cette attitude est impardonnable et elle ne sera pas pardonnée. Qui n'a aucune compassion pour des humains qui l'inspirent à tout citoyen généreux et conscient ne mérite pas de représenter le peuple. Nous nous en souviendrons.



dimanche 27 mars 2011

De la "question prioritaire de Constitutionnalité" (1)

La "question prioritaire de Constitutionnalité", ou QPC, selon le Conseil d'État, est une question que "tout justiciable peut, depuis le 1er mars 2010, soutenir, à l’occasion d’une instance devant une juridiction administrative comme judiciaire, “qu’une disposition législative porte atteinte aux droits et libertés que la Constitution garantit”, en application de l’article 61-1 de la Constitution".
http://www.conseil-etat.fr/cde/node.php?pageid=677

Et c'est ce que des Rroms de Sarcelles, par l'intermédiaire de leur avocat, M° Lemoine, ont fait, le 16 mars 2011. Le TGI de Pontoise pouvait ne pas transmettre cette QPC à la Cour de Cassation, seule à même d'apprécier l'opportunité de l'envoi de la question au Conseil Constitutionnel. Cependant, le 23 mars, au contraire, la Présidente du TGI a estimé recevable cette question et, a considéré avoir à la transmettre, sous huit jours, à la Cour de cassation.

Il y a là, pour les amis des Rroms, obligation de bien connaître où nous conduit cette procédure qui va très au-delà de l'audience concernant les Rroms de Sarcelles. Il s'agit de demander au Conseil Constitutionnel s'il existe une hiérarchie, entre deux droits garantis l'un et l'autre par la Constitution française, le droit de propriété et le droit de vivre en famille dans la dignité.



Que pouvons-nous savoir et comprendre ?

Le Conseil Constitutionnel fait effort de pédagogie pour aider les citoyens en donnant lui-même une définition de la QPC : "La question prioritaire de constitutionnalité est le droit reconnu à toute personne qui est partie à un procès ou une instance de soutenir qu'une disposition législative porte atteinte aux droits et libertés que la Constitution garantit. Si les conditions de recevabilité de la question sont réunies, il appartient au Conseil constitutionnel, saisi sur renvoi par le Conseil d'État ou la Cour de cassation de se prononcer et, le cas échéant, d'abroger la disposition législative. La question prioritaire de constitutionnalité a été instauré par la réforme constitu­tionnelle du 23 juillet 2008. Avant la réforme, il n'était pas possible de contester la conformité à la Constitution d'une loi déjà entrée en vigueur. Désormais, les justiciables jouissent de ce droit nouveau en application de l'article 61-1, de la Constitution. "

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Il y ajoute "douze questions pour commencer" qui éclairent le sujet :

http://www.conseil-constitutionnel.fr/conseil-constitutionnel/francais/la-question-prioritaire-de-constitutionnalite/12-questions-pour-commencer.47107.html#2

Une plaquette de présentation, enregistrable sur le net, est proposée par le Conseil Constitutionnel.
http://www.conseil-constitutionnel.fr/conseil-constitutionnel/francais/la-question-prioritaire-de-constitutionnalite/la-question-prioritaire-de-constitutionnalite-qpc.47106.html

Nous reviendrons, sans doute plusieurs fois, sur cette QPC dont la complexité ne doit pas nous arrêter. Ce texte est titré volontairement : "De la "question prioritaire de Constitutionnalité" (1). Il y aura donc d'autres textes : (2), (3) ...

Les avocats de Jacques Chirac ont eu recours à une QPC, mais, il ne faut pas y voir seulement une manœuvre dilatoire ! L'article 61-1 de la Constitution, amendée en 2009, demande un nouveau, lourd et utile travail au Conseil Constitutionnel. Il ne lui est pas permis pas de juger de la légitimité des lois, ni même d'examiner leur conformité à la Constitution (comme quand il est saisi par des parlementaires pour examiner une loi récente), mais seulement de dire, avec la QPC, si l'application de lois et règlements en vigueur s'est faite dans le respect de ce que la Loi fondamentale constitutionnelle garantit absolument.